Le Ghana est au bord d’une nouvelle crise énergétique, conséquence d’un déficit de financement que le ministre de l’Énergie et de la Transition verte, John Jinapor, a qualifié de « critique » devant la commission parlementaire de l’Énergie. À l’origine de cette situation : une dette massive de 1,7 milliard de dollars envers les producteurs indépendants d’électricité (IPP), à laquelle s’ajoute un besoin urgent de 1,1 milliard de dollars pour l’achat de carburant liquide destiné à alimenter les centrales thermiques.
« Sans financement immédiat, le pays risque une fermeture de ses installations de production », a averti le ministre. Il a cité notamment la société turque Karpower, qui a récemment adressé un courrier menaçant de suspendre ses opérations dès le 18 du mois si le gouvernement ne règle pas une ardoise dépassant les 400 millions de dollars.
Cette dette colossale met plusieurs fournisseurs dans une situation financière intenable. Et ce n’est pas un cas isolé : en mars dernier, la société nigériane N-Gas Limited avait déjà menacé d’interrompre ses livraisons de gaz au Ghana pour une créance impayée de 75 millions de dollars.
Selon le ministre, la crise actuelle est aggravée par plusieurs failles structurelles. D’abord, le carburant liquide, essentiel pour certaines centrales, n’est pas intégré dans la grille tarifaire, obligeant le gouvernement à financer ces achats – estimés à près de 15 milliards de dollars – à partir de son propre budget. Ensuite, la Compagnie d’électricité du Ghana (ECG) accumule un déficit de collecte d’environ 2 milliards de cedis par mois, soit plus de 150 millions de dollars. En cause : une faible capacité de recouvrement et les impayés persistants des grandes entreprises consommatrices d’énergie.
Malgré une réserve de carburant estimée à seulement 2,6 jours, le gouvernement tente de rassurer en annonçant l’arrivée imminente d’une cargaison de 450 000 barils prévue pour le week-end.
Par Amhed Coulibaly



