jeudi 30 avril 2026

Hydrocarbures : Shell a versé 5,34 milliards de dollars à l’Etat nigérian au titre des impôts et charges pour l’année 2024

Malgré un désengagement progressif de ses activités terrestres au Nigeria, Shell a versé en 2024 un montant record de 5,34 milliards de dollars au gouvernement nigérian, selon son dernier rapport annuel sur les paiements aux États. Ce chiffre marque une hausse notable par rapport aux 3,8 milliards de dollars versés en 2023, faisant du Nigeria le premier bénéficiaire mondial de la major pétrolière en 2024, devant des pays comme le Brésil, Oman ou la Norvège.

Plus de 70 % de ce montant, soit 3,8 milliards de dollars, ont été versés à la compagnie nationale NNPC au titre des droits de production issus des coentreprises et contrats de partage de production. La Federal Inland Revenue Service (FIRS) a quant à elle perçu près de 649 millions de dollars en impôts, et la Commission de régulation du pétrole en amont (NUPRC), environ 782 millions en redevances. Le reste a été partagé entre la Commission de développement du delta du Niger (NDDC) et l’agence NASENI.

Les paiements de Shell au Nigeria s’inscrivent dans un total mondial de 28,1 milliards de dollars versés aux gouvernements pour ses activités extractives en 2024, un montant en recul de 5 % sur un an, en raison d’un environnement de rentabilité moins favorable. Malgré ce contexte, le Nigeria reste le principal centre fiscal du groupe, notamment via ses actifs de production de l’Est et les blocs pétroliers OML 212, 118, 135 et OPL 219 qui, à eux seuls, ont généré 1,4 milliard de dollars de paiements.

Par comparaison, le Brésil a reçu 4,5 milliards de dollars, Oman 4,3 milliards, le Qatar 3,33 milliards et la Norvège 3,38 milliards. Sur le continent africain, à l’exception du Nigeria, les flux restent modestes : 43 millions de dollars pour l’Égypte, 1,3 million pour Sao Tomé-et-Principe, 140 000 dollars pour la Tanzanie et 29,3 millions pour la Tunisie. À noter enfin que Shell a reçu un remboursement net de 32 millions de dollars du gouvernement britannique au titre de ses opérations de démantèlement en mer du Nord.

Présente au Nigeria depuis plus de 80 ans, Shell continue de se retirer du pétrole terrestre, fragilisé par les conflits communautaires, la pollution et des risques environnementaux accrus dans le delta du Niger. Mais le groupe affirme maintenir ses activités en eaux profondes dans le pays, jugées plus compatibles avec sa stratégie de transition énergétique vers la neutralité carbone d’ici 2050.

Par Drissa Ouattara

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