L’Afrique doit impérativement ajouter 16 gigawatts de capacité de production d’électricité connectée au réseau chaque année jusqu’en 2050, sous peine de compromettre ses ambitions les plus basiques de développement. C’est le principal avertissement lancé dans le « Rapport sur l’état des infrastructures en Afrique 2025 », publié par la Société financière africaine (AFC).
Au-delà de la production, les investissements dans les infrastructures de transport d’électricité devront atteindre entre 3,2 et 4,3 milliards de dollars par an jusqu’en 2040. L’objectif : garantir un accès à l’énergie suffisant pour une population en pleine expansion et atteindre une capacité moyenne de 0,3 MW pour 1 000 habitants, soit l’équivalent de l’Inde ou de l’Indonésie aujourd’hui.
Mais derrière ce constat, l’AFC entrevoit un potentiel gigantesque. Le continent regorge d’opportunités dans les domaines du solaire photovoltaïque, de la transformation du gaz en électricité, de l’hydroélectricité, du stockage par batterie et de la modernisation des réseaux. « Avec les bons investissements et les réformes nécessaires, l’Afrique peut bâtir le système énergétique le plus dynamique et intégré au monde », affirme l’AFC.
L’exemple du Brésil est cité en modèle. En libéralisant le transport de l’électricité via des appels d’offres compétitifs et en mettant en place un modèle d’opérateur indépendant, ce pays d’Amérique latine a vu son réseau passer de 105 000 à 184 000 kilomètres en une décennie. Rien qu’en 2024, le premier appel d’offres brésilien dans le secteur a levé 3,65 milliards de dollars, soit l’équivalent du besoin annuel du continent africain dans ce domaine.
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Pour l’AFC, cette réussite démontre que des réformes structurelles, une planification de long terme et une séparation claire entre production et distribution sont indispensables pour attirer les capitaux privés à l’échelle requise. À défaut, le continent risque de rester prisonnier d’un déficit énergétique chronique, frein majeur à sa croissance.
Par Drissa Ouattara



