jeudi 30 avril 2026

Afreximbank 2025 : 10 ans de transformation économique du continent sous la conduite du Professeur Benedict Oramah

La clôture des 32es Assemblées annuelles d’Afreximbank, tenue le vendredi 27 juin 2025 à l’hôtel Transcorp Hilton d’Abuja, a marqué un tournant historique pour le développement économique du continent africain. En présence de nombreux chefs d’État, anciens dirigeants, Premiers ministres et capitaines d’industrie venus des quatre coins de l’Afrique, la cérémonie a été présidée par le président nigérian Bola Ahmed Tinubu, aux côtés du professeur Benedict Oramah, président sortant de la banque panafricaine.

Dans un discours empreint d’émotion et de bilan, Benedict Oramah a tourné la page de dix années à la tête d’Afreximbank. Une décennie marquée par une profonde transformation de l’institution, devenue un pilier stratégique du développement africain. « J’ai donné le meilleur de mon énergie, de mon intelligence, de mon courage et de ma détermination », a-t-il déclaré face à une assemblée de dirigeants politiques et économiques.

Une décennie d’impact et d’innovation

Arrivé à la présidence en 2015, Oramah a piloté la banque à travers des turbulences majeures : effondrement des prix des matières premières, pandémie de COVID-19, guerre en Ukraine, et une crise persistante de la dette. Pourtant, sous sa direction, Afreximbank a multiplié ses résultats : 155 milliards de dollars ont été mobilisés pour le commerce et le développement, dont 120 milliards depuis 2020. Les actifs et garanties sont passés de 5 à 43,5 milliards de dollars, avec un objectif affiché de 250 milliards d’ici dix ans. Le bénéfice net annuel est passé de 125 millions à près de 1 milliard de dollars, et les fonds propres ont été multipliés par plus de sept.

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Cette trajectoire exceptionnelle s’appuie sur une doctrine revendiquée : l’adoption de « meilleures pratiques africaines » adaptées au contexte du continent, en opposition aux modèles importés qui ont souvent échoué à enrayer la pauvreté et la fragmentation des marchés.

Des projets structurants à l’échelle continentale

Le professeur Oramah a égrené les réalisations phares de son mandat : un soutien de 4 milliards de dollars à la raffinerie Dangote, 2,9 milliards pour le barrage hydroélectrique de Rufiji en Tanzanie, et un prêt de 750 millions de dollars pour aider le Ghana à obtenir le soutien du FMI. Face à la pandémie, Afreximbank a mobilisé 2 milliards de dollars pour l’acquisition de vaccins, permettant d’obtenir 400 millions de doses, et mis en place une plateforme d’achat groupé de fournitures médicales.

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La guerre en Ukraine a donné lieu à un soutien massif de 50 milliards de dollars pour amortir les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement. En parallèle, Afreximbank a lancé l’African Medical Centre of Excellence à Abuja, un hôpital de référence doté de 300 millions de dollars pour des soins de pointe en oncologie et cardiologie, destiné à être répliqué ailleurs sur le continent.

Vers une souveraineté économique et commerciale

Oramah a placé l’industrialisation au cœur de sa stratégie, la qualifiant de « pierre angulaire de la transformation économique de l’Afrique ». Il a été le promoteur des Africa Trade Centres, des hubs destinés à favoriser le commerce intra-africain à l’aide d’outils numériques comme l’African Trade Gateway, soutenu par l’intelligence artificielle.

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Afreximbank a également construit les fondations institutionnelles de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), avec notamment le PAPSS, système panafricain de paiements opérationnel dans 16 pays avec 160 banques ; AfPAY, qui a traité 68 milliards de dollars de transactions ; et la Foire commerciale intra-africaine, ayant généré 100 milliards de dollars de transactions depuis 2018.

D’autres avancées incluent l’appui au Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA), actif dans 13 pays, et la création de l’AfriCaribbean Trade and Investment Forum, matérialisant l’expansion d’Afreximbank dans les Caraïbes. Douze pays de la CARICOM ont rejoint la banque, un bureau régional a été ouvert à la Barbade, et une facilité de 1,6 milliard de dollars a été mise en place au Suriname.

L’avenir en héritage

Alors qu’il quitte ses fonctions, Benedict Oramah laisse une banque solidement enracinée dans les réalités africaines et plus influente que jamais. « Nous avons bâti une institution forte, bonne pour l’Afrique dans le monde », a-t-il lancé, appelant ses successeurs à poursuivre cette mission de libération économique. « L’Afrique doit rester votre passion et votre priorité. »

Sa vision d’une architecture économique « conçue et dirigée par les Africains » résonne comme un testament stratégique pour un continent en quête d’autonomie. Oramah s’en va, mais l’ambition de faire d’Afreximbank une institution de 250 milliards de dollars reste bien vivante.

Par Drissa Ouattara, Abuja, Nigeria

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