mercredi 29 avril 2026

Guinée : La croissance économique chiffrée à 5,7% en 2024 et en ligne de mire une croissance à deux chiffres avec les exportations de fer de la mine de Simandou

La Guinée a enregistré une accélération de la croissance de son produit intérieur brut (PIB) à 5,7 % en 2024, selon le dernier rapport de suivi de la situation économique du pays. Ce dynamisme est porté à la fois par les secteurs minier et non minier, et les perspectives à moyen terme laissent entrevoir une croissance à deux chiffres, stimulée notamment par le démarrage attendu des exportations de minerai de fer de Simandou d’ici à 2026.

Le gisement de Simandou, l’un des plus riches en minerai de fer au monde, pourrait profondément transformer l’économie guinéenne. Son exploitation devrait considérablement renforcer la croissance du PIB et positionner la Guinée comme un acteur majeur de l’industrie minière mondiale. Toutefois, le rapport avertit que cette croissance pourrait accentuer les inégalités si des réformes macro-budgétaires et sectorielles ne sont pas mises en œuvre de manière adéquate.

Malgré cette croissance robuste, avec une moyenne de 5,1 % entre 2019 et 2023, la pauvreté reste préoccupante. En 2024, 52 % de la population vivait sous le seuil international de pauvreté (3,65 dollars par jour en PPA de 2017). Entre 2019 et 2024, le taux de pauvreté a grimpé de 7 points de pourcentage, plongeant 1,8 million de personnes supplémentaires dans la précarité.

Le rapport souligne que la politique budgétaire de la Guinée demeure contrainte, notamment en raison de la faible mobilisation des ressources intérieures. En moyenne, les recettes fiscales ont représenté 12,8 % du PIB entre 2016 et 2023, bien en dessous du seuil de 15 % recommandé pour soutenir un développement durable. Ce niveau faible empêche le pays de financer adéquatement les infrastructures, les services sociaux de base et les investissements structurants.

Face à ces défis, le rapport identifie plusieurs axes de réforme prioritaires pour améliorer la mobilisation et la gestion des ressources publiques. Il s’agit notamment du renforcement des contrôles fiscaux, de l’amélioration de la qualité et de l’intégrité des bases de données fiscales, de la rationalisation du recouvrement et des délais de paiement des impôts, ainsi que de l’accélération de la numérisation de l’administration fiscale. Ces efforts visent à élargir l’assiette fiscale, en particulier auprès des grandes entreprises, notamment celles opérant dans les secteurs extractifs, qui constituent une source majeure de recettes potentielles.

Par Bernadette W. Gansonré

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