L’Agence de l’Eau du Nakanbé (AEN), sous la tutelle du ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement, relance officiellement le vaste projet de réaménagement des barrages 1, 2 et 3 de la capitale. D’un coût initial estimé à plus de 300 milliards FCFA, selon les études préliminaires de 2007, ce chantier à forte valeur stratégique entend allier impératif écologique, vocation économique et ambitions touristiques, dans un contexte de refondation urbaine porté par les plus hautes autorités de l’État. Réalisés en 1963 pour répondre aux besoins en approvisionnement en eau potable (AEP) de la ville de Ouagadougou, les barrages urbains 1, 2 et 3 cumulaient, à leur mise en service, une capacité totale de près de 14,96 millions de m³, selon les données de la DGRE de 1998.
Leur vocation initiale a toutefois progressivement été compromise. L’urbanisation anarchique, les occupations illégales et l’exploitation non maîtrisée des plans d’eau à des fins agricoles et maraîchères ont fortement dégradé ces ouvrages, favorisant notamment la prolifération de la jacinthe d’eau et un état d’insalubrité chronique. Au fil des décennies, les barrages sont devenus à la fois sous-exploités et mal valorisés, alors même qu’ils jouxtent des espaces à haute valeur écologique, comme la forêt classée de Bangr-Weoogo.
Présidée par le ministre Roger Baro, la rencontre technique du 10 juillet a réuni divers acteurs institutionnels et territoriaux autour d’un seul mot d’ordre : opérationnaliser sans délai la relance du projet d’aménagement des barrages urbains. Selon le ministre, il ne s’agit pas uniquement d’un chantier hydraulique, mais d’un poumon écologique qu’il faut savoir valoriser. « Le camarade Président Ibrahim Traoré a instruit que les barrages 1, 2 et 3 deviennent non seulement navigables, mais aussi des pôles d’activités économiques et touristiques », a ajouté le ministre Baro.
De façon pratique, le projet actualisé prévoit plusieurs composantes techniques, notamment le curage des barrages, l’aménagement de l’ouvrage pour le rendre navigable, la création d’infrastructures touristiques et sportives, ainsi que la construction de ponts et de voies d’accès.
Par Léon Yougbaré



