mercredi 29 avril 2026

Soutien renforcé du FMI au Niger : 24,6 milliards FCFA débloqués pour accompagner les réformes

Le Fonds Monétaire International (FMI) a validé, le 15 juillet 2025, la septième revue de l’accord conclu avec le Niger dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la troisième revue de l’accord parallèle au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Les conclusions favorables des deux revues ouvrent la voie à un nouveau décaissement immédiat d’environ 24,6 milliards FCFA, soit 41 millions de dollars, dont 18 millions au titre de la FEC et 23 millions via la FRD. Depuis le début des programmes, le Niger a déjà perçu un montant cumulé de 346 millions de dollars des deux guichets du FMI, soit environ 207,6 milliards FCFA.

Le prolongement de l’accord FEC jusqu’en décembre 2026 vise à soutenir un agenda de réformes budgétaires et structurelles de plus en plus exigeant. L’objectif est double : stabiliser les fondamentaux macroéconomiques dans un contexte d’insécurité et de restrictions de financement, tout en assurant un ancrage soutenu des politiques publiques en matière de gouvernance et de mobilisation des recettes.

Un rebond économique porté par l’or noir

La croissance économique du Niger s’est hissée à 10,3 % en 2024, selon les estimations du FMI un niveau rarement observé dans l’espace UEMOA. Cette performance spectaculaire tient notamment au démarrage des exportations de pétrole brut, ainsi qu’à des récoltes agricoles exceptionnelles. Pour 2025, la croissance devrait rester dynamique, à 6,6 %. Toutefois, des incertitudes planent, selon le scénario central de l’institution de Bretton Woods.

Le FMI salue la mise en œuvre « globalement satisfaisante » des programmes soutenus par la FEC et la FRD. L’institution insiste néanmoins sur l’urgence de consolider les réformes, en particulier celles liées à la gouvernance des ressources naturelles. Dans son allocution, Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI et président par intérim du conseil d’administration, souligne que l’action publique doit désormais s’articuler autour d’une trajectoire budgétaire plus robuste, fondée sur l’élargissement de l’assiette fiscale, une gestion prudente de la manne pétrolière et une amélioration tangible de la qualité des dépenses publiques.

Face à des conditions de financement internationales devenues plus restrictives, le FMI invite les autorités à limiter leur recours aux emprunts non concessionnels. L’institution appelle également à poursuivre l’apurement des arriérés de paiement et à renforcer les outils de gestion de la trésorerie et de la dette.

Par Léon Yougbaré

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