L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) poursuit sa dynamique de résilience économique en 2025, dans un contexte mondial contrasté, marqué par le ralentissement de certaines grandes économies et des incertitudes géopolitiques persistantes. À la lumière des données arrêtées au 20 juin 2025, la croissance du PIB réel de l’Union est projetée à 7,3 % au deuxième trimestre 2025, confirmant la trajectoire ascendante observée depuis le début de l’année. Cette performance repose principalement sur le dynamisme des services marchands, des activités extractives, du commerce et du BTP, ainsi que sur la solidité de la demande intérieure.
Dynamisme sectoriel : les services et le BTP en première ligne
Les services marchands non financiers ont enregistré une croissance de 2,8 % en avril 2025, avec une progression annuelle de 8,1 %. Les services financiers ne sont pas en reste, affichant une hausse de 1,8 % sur un mois et de 15,6 % sur un an, traduisant la modernisation des économies de l’Union et l’essor du numérique dans les services bancaires et d’assurance. Le secteur du BTP enregistre des performances irrégulières mais globalement favorables, notamment au Sénégal, au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et en Guinée-Bissau. Au niveau communautaire, l’écart de l’indice d’activité ressort à 5,4 points en avril 2025.
À l’opposé, le secteur de la production industrielle et du commerce affiche des contre-performances d’un mois à l’autre. Après une stabilité observée en mars, la production industrielle s’est contractée de 3,5 % en avril, en raison de la baisse des activités extractives et de celles de la branche production et distribution d’eau, assainissement, traitement des déchets et dépollution. Quant à l’activité commerciale, elle a reculé de 3,4 %, après une hausse de 3,5 % un mois auparavant. Une dégradation imputable à la baisse du commerce de détail, du commerce de gros ainsi qu’aux activités intermédiaires.
Marchés financiers régionaux : la BRVM confirme sa résilience
La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) affiche un regain de vitalité. En mai 2025, l’indice BRVM Composite a progressé de 5,6 % et le BRVM 30 de 5,3 %. En glissement annuel, les deux indices enregistrent des hausses importantes de 34,5 %, confirmant l’intérêt renouvelé des investisseurs pour les actifs régionaux. La capitalisation boursière atteint désormais 22 231,9 milliards FCFA, portée par le développement de l’indice dans les secteurs les plus porteurs : agriculture (+90,6 %), industrie (+75,8 %) et services publics (+33,6 %). Par ailleurs, la progression simultanée des marchés des actions (+39,4 %, à 11 685,7 milliards FCFA) et des obligations (+2,3 %, à 10 546,2 milliards FCFA) a également contribué à cette performance.
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Sur le segment des titres publics, les États ont levé 1 391,5 milliards FCFA en mai, soit une baisse de 11,6 % par rapport au mois précédent. Ce montant comprend 752,6 milliards FCFA de bons du Trésor, en hausse de 24,3 %, et 638,9 milliards FCFA d’obligations, en baisse de 34 %. Le taux de couverture des émissions reste élevé, à 131,6 %, traduisant une forte demande des investisseurs institutionnels. En revanche, le compartiment par syndication n’a enregistré aucune émission en mai, contre 416,6 milliards FCFA mobilisés un mois plus tôt.
Inflation et politique monétaire : un climat plus favorable
En mai 2025, le taux d’inflation dans l’Union s’est établi à 0,6 %, en nette baisse par rapport au 1,5 % enregistré en avril. Cette modération s’explique par la stabilisation des prix des denrées alimentaires, rendue possible par une meilleure offre céréalière locale et par la détente des cours mondiaux du blé, du sucre et du lait. Le recul de la composante « ameublement » de l’indice des prix a également contribué à cette dynamique désinflationniste. Les perspectives à court terme tablent sur une inflation stabilisée à 0,8 % en juin et à 1 % en juillet, maintenant un climat de prix favorable aux ménages et aux investisseurs.
Dans ce contexte de faible inflation, la BCEAO a abaissé son taux directeur de 25 points de base à 3,25 %, et celui du guichet marginal à 5,25 %, à compter du 16 juin 2025. Une décision qui s’inscrit dans une stratégie d’assouplissement destinée à faciliter le financement de l’économie. Concernant les taux d’intérêt des marchés monétaires, le taux interbancaire à une semaine est passé à 5,09 % en juin, contre 5,37 % un mois plus tôt. Les taux bancaires appliqués à la clientèle ont également suivi cette tendance baissière : 6,73 % en mai 2025, contre 6,75 % en avril et 7,11 % un an auparavant. Parallèlement, la masse monétaire progresse de 14,6 % sur un an, contre 12,7 % le mois précédent, tirée par l’augmentation des actifs extérieurs nets (+265,1 %) et des créances des institutions de dépôt sur les unités résidentes (+7,9 %).
Par Léon Yougbaré



