mercredi 29 avril 2026

Le Sénégal et l’Arabie Saoudite révisent leur partenariat autour de l’usine de dessalement de la Grande Côte

Le Sénégal et le Royaume d’Arabie Saoudite ont acté le contrat renégocié pour la construction de l’usine de dessalement d’eau de mer de la Grande Côte. Porté par la société saoudienne ACWA Power, ce projet stratégique a été réajusté dans un esprit de transparence, de réciprocité et d’intérêt national.

Sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Sénégal a conduit une renégociation en profondeur d’un contrat initialement signé en mars 2024 sous le précédent régime. Cette révision a permis de corriger plusieurs déséquilibres et de garantir des conditions plus favorables pour l’État sénégalais.

Le prix du mètre cube d’eau dessalée, initialement fixé à 427 FCFA hors taxe, a été ramené à 389,8 FCFA, ce qui représente une baisse significative pour le budget national. Par ailleurs, la charge budgétaire annuelle supportée par l’État, estimée auparavant entre 20 et 40 milliards de FCFA, sera désormais contenue entre 17,5 et 35 milliards de FCFA, grâce à une meilleure structuration financière du projet.

L’un des éléments clés de cette renégociation est le doublement de la capacité solaire installée, qui passe de 150 MWc à 300 MWc. L’électricité excédentaire produite par ces centrales photovoltaïques pourra être vendue à la Société nationale d’électricité du Sénégal (SENELEC) au tarif préférentiel de 18 FCFA/kWh, contribuant ainsi à réduire les coûts de production de l’eau et à renforcer l’autonomie énergétique du pays.

En plus de ces avancées techniques et budgétaires, le nouveau contrat introduit une participation sénégalaise directe dans le projet. La Société nationale d’exploitation des eaux du Sénégal (SONES) devient actionnaire de la société de gestion de l’usine (SPV-EAU), tandis que SENELEC rejoint la structure chargée de l’exploitation des centrales solaires (SPV-ENERGIE). Ce nouveau schéma offre à l’État un rôle stratégique dans la gouvernance du projet.

Une réponse à la demande croissante d’eau dans le triangle Dakar–Thiès–Mbour

L’usine de dessalement sera implantée à Tivaouane Peul–Niaga, à proximité du Lac Rose, dans une région à forte densité urbaine. Sa capacité prévisionnelle de 400 000 m³/jour, déployée en deux phases, en fera l’une des plus grandes infrastructures hydrauliques d’Afrique de l’Ouest.

Ce projet vient répondre à une demande croissante en eau potable dans le triangle stratégique Dakar–Thiès–Mbour, qui concentre à lui seul environ 35 % de la population sénégalaise et 55 % de l’activité économique nationale. Selon les projections du ministère de l’Eau, les besoins journaliers en eau dans cette zone passeront de 763 000 m³ en 2025 à plus de 3 millions de m³ d’ici 2050.

L’usine soutiendra également le développement d’infrastructures majeures dans la région, telles que l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), le pôle urbain de Diamniadio, le port de Bargny, ainsi que des universités, hôpitaux, zones touristiques et logements sociaux.

Faire de ce partenariat un modèle gagnant-gagnant

Lors de la cérémonie officielle de signature du contrat renégocié, le président Bassirou Diomaye Faye a souligné que les déséquilibres du contrat initial étaient principalement liés à des erreurs sénégalaises, mais que la solidité des relations bilatérales avait permis d’aboutir à un accord plus juste. Il a affirmé que le Sénégal entend faire de ce partenariat un modèle de coopération gagnant-gagnant, avec des perspectives élargies dans des secteurs comme l’énergie, la santé, l’éducation et les infrastructures.

Le président Faye a également exprimé son souhait de faire du Sénégal un hub régional pour les investissements saoudiens en Afrique de l’Ouest, notamment au sein de la CEDEAO, qui regroupe près de 400 millions d’habitants.

Un projet qui s’inscrit dans la Vision Sénégal 2050

Ce projet d’usine de dessalement s’intègre pleinement dans l’Agenda Vision Sénégal 2050, qui place l’eau potable au cœur de la souveraineté nationale. Il incarne également un tournant dans la stratégie de financement des infrastructures, avec l’introduction d’un mécanisme de remboursement par dividendes liés à l’actionnariat public, une hausse des prêts concessionnels de 33 % à 50 %, et une ouverture à la concurrence sur l’ingénierie, la construction et la maintenance.

Par Bernadette W. Gansonré

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