jeudi 30 avril 2026

Burkina Faso : Le Gouvernement réaffirme son engagement pour l’autosuffisance alimentaire en mobilisant plus de 104 milliards FCFA pour la campagne agropastorale 2025-2026

Le gouvernement burkinabè réaffirme son engagement en faveur de la souveraineté alimentaire et de la transformation du secteur agropastoral et halieutique. Lors d’un déjeuner de presse organisé au Centre écotouristique de Bagré, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, a présenté un bilan des réformes engagées ainsi que les investissements dédiés à la campagne agropastorale en cours.

Pour la campagne 2025-2026, l’État a mobilisé plus de 104 milliards de FCFA afin d’assurer l’approvisionnement en intrants, matériels et équipements destinés aux producteurs agricoles et éleveurs. Ces dotations comprennent 15 000 tonnes de semences couvrant l’ensemble des spéculations et plus de 70 000 tonnes d’engrais, composés de NPK et d’urée. Par ailleurs, 31 851 litres de produits phytosanitaires ont été distribués, ainsi qu’environ 67 millions de doses de vaccins et de médicaments vétérinaires pour la santé animale.

Afin de faciliter la mécanisation, 608 tracteurs et 1 102 motoculteurs ont été déployés. Le dispositif comprend également 24 grands semoirs, 452 moissonneuses, 4 moissonneuses-batteuses à six lignes, 150 broyeurs ainsi que 10 unités de transformation pour la valorisation locale des productions.

Dans le domaine de l’irrigation, les bénéficiaires ont reçu 485 motopompes, 29 969 tubes en PVC et 315 kits d’irrigation pour soutenir la maîtrise de l’eau dans les zones cultivables.

Pour renforcer la mobilité des agents de terrain et la logistique des structures techniques, 1 033 motos, 36 véhicules pick-up et 35 camions ont été attribués, notamment à l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH) et à la Société nationale de l’aménagement des terres et de l’équipement rural (SONATER).

En matière d’élevage, l’État a octroyé 2 250 noyaux reproducteurs de petits ruminants, 2 794 kits de volaille et 1 000 animaux d’embouche. À cela s’ajoutent des appuis en labours dédiés aux exploitations situées dans les bas-fonds aménagés.

Plus de 20 réformes engagées depuis 2023

Depuis 2023, plus de 20 réformes majeures ont été mises en œuvre pour renforcer la gouvernance, la production et la transformation dans le secteur agropastoral et halieutique. Parmi les plus emblématiques figurent la création du Fonds de souveraineté alimentaire Dumu Ka Fa et l’extension de l’assurance agropastorale. L’État a également procédé à la nationalisation de SOPROLAIT et SOFAB, donnant naissance respectivement à Faso Kosam et Faso Guulgo.

D’autres structures ont vu le jour, telles que la Société d’intrants et de matériels agropastoraux (SOBIMAP), l’ONBAH, le Conseil burkinabè des filières (CBF) et l’Agence Faso Abattoir (AFA). Le CPAVI et le CMAP ont été fusionnés pour créer le Centre de promotion de l’aviculture et de multiplication des animaux performants (CPAMAP).

Le ministère a aussi lancé l’opération de pisciculture en cage flottante, introduit des cultures spécifiques (cacao, vigne, banane plantain, tournesol), adopté une loi sur les engrais et mis en œuvre l’initiative intégrée Lijeeguoli pour coordonner les interventions du secteur.

Lire aussi : PRSA Burkina Faso : 15,66 milliards de FCFA pour achever les infrastructures agricoles en 2025 – Horonya finance

Pour préparer la campagne 2025-2026, le gouvernement a également mis l’accent sur des aménagements structurants dans l’hydraulique et la gestion des terres agricoles. Deux nouveaux barrages ont été construits, dont celui de Diaradougou, d’une capacité de 10 millions de m³, ainsi que celui de Sanghin. Plusieurs ouvrages hydrauliques ont été réhabilités, notamment ceux de Goulouré, Zoungou, Kolginguéssé, Boussouma, Danaogho et Lélégsé. Les barrages de Boulbi et Itengué ont bénéficié de travaux de curage et d’entretien, tandis que celui de Dorossiamasso a été renforcé.

Le gouvernement a également procédé au recalibrage du cours d’eau des Grands Balé à Hèrèdougou pour améliorer l’écoulement et la disponibilité en eau. Parallèlement, 25 000 hectares de bas-fonds ont été aménagés ou réhabilités, dont 15 000 hectares réalisés avec la participation des communautés et des agents techniques. Enfin, 185 forages à gros débit ont été creusés dans les zones de production pour soutenir l’agriculture irriguée.

Bien que la campagne agropastorale 2025-2026 ait connu un démarrage tardif à normal selon les régions, la situation phytosanitaire est relativement stable, avec des attaques de ravageurs maîtrisées, notamment la chenille légionnaire d’automne. Les ressources pastorales, en eau et en pâturages, sont jugées bonnes à passables, et aucun foyer de maladie animale n’a été signalé à ce jour.

Objectifs à moyen terme

Le ministère affiche des ambitions fortes pour le développement du secteur. Il vise la mécanisation intégrale des grandes plaines agricoles afin d’accroître la productivité, et prévoit de renforcer les brigades de mécanisation agricole.

Le développement de la production locale d’aliments pour le bétail, les poissons et les volailles est également un axe prioritaire, avec un contrôle renforcé de la qualité des aliments pour animaux. Les campagnes de vaccination et d’insémination seront intensifiées pour améliorer la santé et la reproduction du cheptel.

Par ailleurs, le ministère prévoit l’importation de vaches gestantes à haut potentiel laitier pour dynamiser la production laitière. Enfin, il s’engage à renforcer les capacités techniques locales pour un aménagement durable des bas-fonds agricoles.

Par Leila Toé

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