mercredi 29 avril 2026

Visite d’Ousmane Sonko en Turquie : Infrastructures, industrie, agriculture… Dakar et Ankara renforcent leurs liens économiques

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, effectue une visite officielle en Turquie du 6 au 10 août 2025, sur invitation du président turc Recep Tayyip Erdoğan. Ce déplacement intervient quelques semaines après une mission de travail en Chine. Au cœur de cette visite : la consolidation d’un partenariat économique déjà dense entre Dakar et Ankara, marqué par des projets structurants réalisés au Sénégal avec l’appui technique et financier d’entreprises turques.

La Turquie, classée 20ᵉ économie mondiale par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2024, avec un PIB nominal de 941 milliards de dollars, est devenue un partenaire de premier plan pour de nombreux pays africains. Le Sénégal figure parmi les États ayant su capitaliser sur cette dynamique. Ces dernières années, les investissements turcs ont contribué à la réalisation d’infrastructures majeures dans le pays.

Plusieurs réalisations majeures témoignent de la solidité et de la dynamique du partenariat entre les deux pays, notamment le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD). Construit par l’entreprise turque Summa, ce centre constitue une infrastructure de dernière génération, financée à hauteur de 51 milliards FCFA, dont 31,8 milliards assurés par la Turk Exim-Bank.

Autre exemple marquant : l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), dont l’achèvement des travaux, les phases de tests, de calibrage et la mise en service ont été pris en charge par le consortium turc Summa-Limak. Ce projet stratégique a nécessité un investissement global estimé à 74 milliards FCFA. Dans le secteur des infrastructures sportives et événementielles, la construction du complexe Dakar Arena, pouvant accueillir jusqu’à 15 000 spectateurs, ainsi que celle du parc d’exposition Dakar Expo Center illustrent également l’engagement turc. Porté par Summa, cet ensemble multifonctionnel a mobilisé un investissement total de 74 milliards FCFA.

Le domaine de l’hôtellerie n’est pas en reste, avec la réalisation de l’hôtel Radisson à Diamniadio, composé de 152 chambres, pour un coût d’environ 33 millions d’euros. Enfin, le projet de construction du marché d’intérêt national et de la gare des gros porteurs de Diamniadio, conduit par l’entreprise turque De Meew (DM), constitue un autre jalon important de cette coopération. Il représente un investissement total de 68 milliards FCFA, dont près de 49 milliards financés par la Turquie, le reste étant assuré par l’État du Sénégal.

Ces projets structurants illustrent non seulement la profondeur des relations économiques entre Dakar et Ankara, mais aussi leur contribution concrète au développement des infrastructures et à la transformation du tissu économique sénégalais.

Au-delà des projets en cours, la visite du Premier ministre Ousmane Sonko vise à nouer de nouveaux partenariats dans des domaines stratégiques comme l’industrie, l’agroalimentaire, le textile, l’automobile ou encore l’électronique. Tous ces secteurs constituent des axes prioritaires dans le cadre du redressement économique sénégalais.

La Turquie, qui s’est progressivement imposée comme un acteur industriel majeur, peut en effet servir de modèle pour l’industrialisation progressive du Sénégal. Son tissu de PME dynamiques, sa capacité à intégrer les chaînes de valeur mondiales et sa politique d’exportation agressive offrent autant de pistes de coopération technique et commerciale.

Les perspectives de coopération entre les deux pays offrent également un potentiel d’expansion dans plusieurs secteurs clés. Sur le plan économique, le Sénégal peut tirer profit de l’expertise turque dans les domaines de la construction, de l’industrie et de l’énergie, notamment à travers le développement de projets d’infrastructures, d’énergies renouvelables et de grands travaux publics. Forte de son expérience dans la fabrication et le commerce, la Turquie pourrait aussi initier des partenariats pour stimuler les exportations sénégalaises de produits agricoles, de fruits secs ou de textiles vers son marché intérieur, voire vers des marchés tiers.

Dans le secteur du tourisme, cette coopération pourrait se traduire par une promotion croisée des destinations, un renforcement des investissements turcs dans les infrastructures hôtelières et de services, ainsi qu’une meilleure valorisation du patrimoine culturel et naturel sénégalais. Par ailleurs, la formation professionnelle et le transfert de compétences apparaissent comme des leviers importants, via des programmes d’échanges dans l’enseignement supérieur, la technologie ou encore l’apprentissage technique.

L’agriculture constitue un autre champ de coopération prometteur. Le développement de technologies agricoles, de systèmes d’irrigation performants et de mécanismes de gestion durable des ressources naturelles pourrait contribuer à améliorer la productivité agricole tout en luttant contre la sécheresse. Enfin, dans le domaine de la santé, des partenariats pourraient être noués pour renforcer la lutte contre les maladies tropicales et améliorer l’accès aux soins de base.

Dans un contexte où le Sénégal engage une nouvelle phase de transformation économique et sociale, le partenariat avec la Turquie s’annonce comme un tournant stratégique pour les deux pays, appelés à bâtir ensemble une coopération équilibrée et mutuellement bénéfique.

Par Bernadette W. Gansonré

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