mercredi 29 avril 2026

Croissance économique : le Sénégal mise sur ses hydrocarbures pour atteindre 8 % en 2025

L’économie sénégalaise devrait enregistrer une croissance robuste de 8 % en 2025, selon les dernières prévisions de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (DPEE). Ce rebond intervient après une progression de 6,1 % du PIB réel en 2024 et marque une étape déterminante dans la transformation structurelle du pays.

D’après le rapport de la DPEE sur la situation économique du Sénégal en 2024 et les perspectives pour 2026, cette dynamique est principalement portée par l’essor du secteur secondaire, dont la croissance est projetée à 18,8 % en 2025. Le principal moteur de cette performance sera le démarrage à pleine capacité des activités pétrolières et gazières.

La production d’hydrocarbures devrait bondir de 113,3 % en 2025. Le pays anticipe une extraction de 30,5 millions de barils de pétrole (issus des phases initiales des projets Sangomar et GTA) et de 30,2 Tbtu de gaz naturel liquéfié. À elle seule, cette nouvelle manne énergétique devrait contribuer à 3,8 points de croissance du PIB réel, selon les estimations officielles.

Le segment pétrole et gaz deviendra ainsi un pilier du secteur extractif, représentant 50,8 % des activités extractives et 18,2 % du secteur secondaire. Ce basculement marque un tournant stratégique pour le Sénégal, qui entre dans le cercle restreint des producteurs d’hydrocarbures avec l’objectif d’utiliser les ressources naturelles comme levier d’industrialisation.

Au-delà des hydrocarbures, le secteur secondaire hors énergie devrait également connaître un regain d’activité, avec une croissance attendue de 4,3 % en 2025, contre 2,9 % en 2024. Cette progression serait tirée par la reprise de plusieurs filières industrielles clés.

Parmi elles, le raffinage de pétrole est annoncé en hausse de 11,8 %, porté par la modernisation de la Société africaine de raffinage (SAR) et le démarrage de l’approvisionnement en brut local. Cette évolution s’inscrit dans la volonté de maximiser les retombées locales de l’exploitation pétrolière, notamment en valorisant les produits sur place.

Le secteur minier devrait également bénéficier de nouveaux investissements, en particulier avec l’entrée en production de la mine d’or de Massawa, dont les réserves sont estimées à 2,6 millions d’onces (soit environ 81 tonnes) pour une durée de vie initiale de 12 ans.

Cependant, certains segments évolueront à contre-courant. C’est notamment le cas de la fabrication de corps gras alimentaires, dont la croissance devrait ralentir à 6,1 % en 2025 après avoir atteint 18,1 % en 2024, malgré des conditions d’approvisionnement favorables.

L’année 2025 s’annonce ainsi positive pour le Sénégal, avec des perspectives économiques globalement favorables.

Par Leila Toé

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