mercredi 29 avril 2026

Cameroun : Caminco décroche le permis d’exploitation de la mine d’or de Mborguéné

Le 19 août 2025, le ministre camerounais par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, le Pr Fuh Calistus Gentry, a remis officiellement à la société Caminco S.A. le permis d’exploitation de la mine d’or de Mborguéné, située dans les arrondissements de Bétaré-Oya et Garoua Boulaï (Est). Cette autorisation, encadrée par le nouveau code minier de 2023, s’accompagne d’une exigence claire : l’exploitation doit effectivement démarrer dans un délai de deux ans, sous peine de retrait du permis.

Le gisement concerné est estimé à plus de 7,5 tonnes d’or métal sur une période de dix ans, pour un volume de minerai évalué à cinq millions de tonnes avec une teneur moyenne de 1,89 g/t. L’exploitation industrielle, qui se fera à ciel ouvert sur une superficie de 117 km², vise une production annuelle de 1 230 kg d’or durant les trois premières années, avant de se stabiliser à environ 552 kg par an.

La convention minière, signée en mars 2025, marque l’aboutissement d’un processus entamé près de vingt ans plus tôt avec le permis de recherche n°94, attribué à Caminco en 2006 sur une superficie initiale de 500 km².

L’accord conclu avec l’État camerounais prévoit un partage des revenus articulé autour de plusieurs leviers fiscaux et parafiscaux : 10 % de participation gratuite de l’État au capital de Caminco, 3 % de la production d’or reversés directement au Trésor public, 1 % destiné à la Société nationale des mines (Sonamines), 4 % pour les actionnaires locaux et 5 % au titre de la taxe ad valorem.

À cela s’ajoutent une taxe d’exportation de 5 %, des droits domaniaux de 75 000 FCFA par km² et deux mécanismes de financement sectoriels : le fonds de développement minier, qui recevra 0,5 %, et le compte spécial pour la formation, qui bénéficiera de 0,7 %, tous deux prélevés sur le chiffre d’affaires de la mine.

Le projet devrait également contribuer à la dynamique socio-économique locale à travers la création d’au moins 100 emplois directs, sans compter les centaines d’emplois indirects attendus dans les services associés.

Face aux défis environnementaux et sociaux souvent liés aux projets miniers en Afrique centrale, Caminco s’est engagée à mener une exploitation « responsable », intégrant le développement d’infrastructures, le transfert de technologies et la formation des compétences locales. Le procédé retenu repose sur la lixiviation en milieu clos, une technologie visant à limiter l’impact environnemental.

La mise en valeur de Mborguéné s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à accroître la contribution du secteur minier à l’économie nationale, aujourd’hui inférieure à 1 % du PIB. Le projet Caminco représente ainsi une opportunité majeure pour diversifier les recettes de l’État et renforcer l’ancrage du Cameroun sur la carte aurifère de la sous-région.

Pour le PDG Roger Bogne, cette autorisation est à la fois « une responsabilité et un défi ». L’enjeu est désormais de tenir le calendrier imposé par l’État, afin que d’ici août 2027, la mine de Mborguéné ne soit plus seulement un potentiel géologique, mais une réalité économique génératrice de croissance et de développement.

Par Léon Yougbaré

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