Le Nigeria poursuit sa stratégie de valorisation de ses immenses ressources gazières avec la mise en œuvre d’un projet de gazoduc transfrontalier reliant son territoire à la Guinée équatoriale. Cette infrastructure, annoncée par le ministre d’État au Pétrole (gaz), Ekperikpe Ekpo, doit permettre d’acheminer le gaz nigérian jusque dans les installations de traitement et d’exportation de la Guinée équatoriale.
Présenté comme une « collaboration stratégique », le projet vise à connecter les réserves du Nigeria aux complexes de liquéfaction de gaz naturel (GNL) de Punta Europa, à Malabo, qui disposent déjà de capacités d’exportation de GNL, de méthanol et de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Pour Abuja, il s’agit d’une étape décisive dans sa volonté de monétiser ses gisements de gaz encore sous-exploités et de renforcer l’interconnexion énergétique régionale.
La coopération entre les deux pays a été formalisée en août 2024 par la signature, à Malabo, d’un accord entre les présidents Bola Tinubu et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Ce texte fixe les bases législatives et réglementaires pour l’établissement et l’exploitation du gazoduc, les modalités de transit du gaz ainsi que les structures de propriété et de gouvernance du projet.
Ce chantier s’inscrit dans la stratégie nigériane de développement du gaz, qui vise notamment à réduire le torchage, accroître l’usage domestique du GPL et du gaz naturel comprimé (GNC) et renforcer la place du pays comme fournisseur fiable sur les marchés mondiaux. Parallèlement, Abuja continue de miser sur le projet de gazoduc transsaharien en partenariat avec le Niger et l’Algérie, tout en soutenant la création d’industries locales, telles qu’une usine d’engrais et une unité pétrochimique.
Avec des réserves prouvées estimées à plus de 210 trillions de pieds cubes, le Nigeria détient le premier stock de gaz d’Afrique. Le gouvernement présente cette ressource comme un « carburant de transition », capable de stimuler l’industrialisation du pays, de réduire la dépendance au pétrole et de contribuer aux efforts de décarbonation au niveau mondial.
Cependant, les défis restent nombreux. Le ministre Ekperikpe Ekpo a reconnu les obstacles liés aux financements, aux infrastructures et à l’implication encore limitée du secteur privé. « Ce dont nous avons besoin maintenant, ce sont des investissements soutenus et des partenariats stratégiques pour débloquer la prochaine phase de croissance », a-t-il souligné
Par Amhed Coulibaly



