La Banque Agricole du Sénégal vient de lancer une opération majeure sur le marché financier régional de l’UEMOA. À travers un appel public à l’épargne, l’institution ambitionne de lever 80 milliards FCFA grâce à une titrisation de créances, une innovation financière qui traduit sa volonté de diversifier ses sources de financement et de renforcer son rôle dans le développement agricole.
L’opération, baptisée « FCTC Croissance Agricole », se décline en deux tranches distinctes : une première, d’un montant de 60 milliards FCFA à un taux d’intérêt de 8 %, sur une maturité de 7 ans, et une seconde, d’un montant de 20 milliards FCFA, à un taux d’intérêt de 9 %, également sur 7 ans.
La valeur nominale de chaque obligation est fixée à 10 000 FCFA, rendant l’investissement accessible aussi bien aux institutionnels qu’aux particuliers désireux de soutenir le secteur agricole tout en bénéficiant de revenus réguliers. La période de souscription s’étend du 28 août au 26 septembre 2025.
Le syndicat de placement est conduit par Invictus Capital & Finance SA en qualité de chef de file. Il est appuyé par KF Titrisation et Development Finance Advisory (DFA), qui jouent un rôle clé dans la structuration et la distribution des titres auprès des investisseurs.
Ce montage financier repose sur la titrisation de créances de la Banque Agricole, une technique qui consiste à transformer en titres négociables des créances détenues par la banque, afin de mobiliser des ressources nouvelles sans alourdir son bilan.
Les obligations issues de cette opération feront l’objet d’une demande d’admission à la négociation sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). Cette inscription permettra d’assurer la liquidité des titres et offrira aux investisseurs la possibilité de les échanger sur le marché secondaire, renforçant ainsi l’attractivité de l’opération.
Cette levée de fonds de 80 milliards FCFA s’inscrit dans la mission première de la Banque Agricole : contribuer au financement durable du secteur agricole et, plus largement, du milieu rural sénégalais.
Par David Yaméogo



