La dette publique ivoirienne poursuit sa progression dans un contexte de financement soutenu des investissements inscrits au Plan national de développement (PND). Au 30 juin 2025, l’encours global de la dette de l’administration centrale s’élève à 32 981,2 milliards FCFA, soit environ 57,3 % du PIB, en deçà du seuil communautaire de 70 % fixé par l’UEMOA.
L’encours est constitué à 61,7 % de dette extérieure, soit 20 357,6 milliards FCFA, et à 38,3 % de dette intérieure atteignant 12 623,6 milliards. Les créances extérieures restent majoritairement portées par les institutions multilatérales (Banque mondiale, FMI, BAD…), les créanciers bilatéraux, ainsi que les Eurobonds, qui occupent une place grandissante dans le portefeuille. En mars 2025, la Côte d’Ivoire a d’ailleurs émis avec succès un Eurobond de 1,75 milliard de dollars et une obligation innovante libellée en FCFA pour 220 milliards FCFA, placée auprès d’investisseurs internationaux.
Le service de la dette de l’administration centrale s’établit à 3 809,6 milliards FCFA au premier semestre 2025, contre 5 206 milliards FCFA à la même période en 2024. Sur ce montant, 2 948,6 milliards concernent le remboursement du principal et 861 milliards FCFA les intérêts. La répartition montre un poids relativement plus important de la dette intérieure, dont le remboursement effectif de 2 041,3 milliards FCFA dépasse celui de la dette extérieure qui s’établit à 1 768,3 milliards FCFA.
Malgré la hausse des encours, les principaux indicateurs d’endettement de la Côte d’Ivoire demeurent soutenables. En plus du ratio dette/PIB qui reste inférieur au seuil de convergence, la durée moyenne de vie de la dette est relativement longue, soit 7,2 ans. Toutefois, le taux d’intérêt moyen pondéré n’a cessé de croître depuis les cinq dernières années : 4,1 % en 2021, 4,2 % en 2022, 4,6 % en 2023, puis 5 % en 2024 et 5,2 % en 2025.
Le gouvernement ivoirien poursuit une stratégie de diversification des financements, entre marché régional, bailleurs multilatéraux et émissions internationales. Des opérations de gestion de passif ont permis de rallonger la maturité des emprunts et de réduire les charges d’intérêts.
Par Léon Yougbaré



