Dans un environnement de marché toujours marqué par la volatilité, la Côte d’Ivoire a réalisé une nouvelle percée sur les marchés financiers internationaux. Le 25 mars 2025, le pays a levé 1,75 milliard de dollars via l’émission d’un Eurobond d’une maturité de 11 ans, avec une échéance fixée à 2036. Cette opération, menée depuis Paris par le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a été largement saluée pour son succès.
L’émission a bénéficié d’un fort engouement des investisseurs, avec un carnet d’ordres atteignant 5,2 milliards de dollars, soit plus de trois fois le montant recherché. Pas moins de 180 investisseurs institutionnels ont répondu présents, témoignant ainsi de la confiance accordée à la signature ivoirienne. Le taux obtenu, fixé à 6,45 %, représente une amélioration notable par rapport à la précédente émission de janvier 2024, qui s’était conclue à 6,60 %. Cette réduction de 15 points de base reflète une perception améliorée du risque souverain ivoirien.
Afin de limiter l’exposition aux fluctuations du dollar, l’opération a été adossée à une couverture de change Euro-Dollar, une stratégie qui vise à protéger les finances publiques contre les variations des devises. Cette prudence s’inscrit dans une gestion plus globale de la dette du pays.
Selon la note du Ministère des Finances et du Budget, parallèlement, Abidjan a initié une opération de gestion proactive de son endettement, avec le rachat partiel de deux euro-obligations arrivant à échéance en 2028 et 2032, pour des montants respectifs de 300 et 400 millions de dollars. L’objectif affiché est clair : réduire progressivement le poids du service de la dette et maîtriser l’exposition du pays à des conditions de financement moins favorables à l’avenir.
Par Ouattara



