Le métal jaune vient de franchir un seuil symbolique. À 3 200 dollars l’once , l’or atteint un sommet historique, porté par les turbulences économiques mondiales. Dans un climat marqué par l’intensification de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les investisseurs se ruent vers cet actif refuge, recherchant protection et stabilité.
Depuis le début de l’année, le prix de l’or s’est envolé de plus de 20 %. Un bond impressionnant, soutenu par l’augmentation des achats des banques centrales étrangères, la faiblesse persistante du dollar américain et des tensions géopolitiques croissantes.
La Chine, acteur central de ce conflit, a récemment relevé ses droits de douane sur les produits américains à un niveau record de 125 %. Cette mesure, justifiée par Pékin au nom de sa législation interne et du respect de ses engagements internationaux, vise selon elle à contrer « l’intimidation unilatérale » de Washington. Malgré cela, les autorités chinoises indiquent qu’aucune nouvelle réplique tarifaire n’est prévue, les produits américains ayant, selon elles, déjà perdu en compétitivité sur leur marché.
Les répercussions de ce bras de fer s’étendent à plusieurs secteurs stratégiques, agriculture, technologie, énergie et trouvent un écho jusque dans les pays producteurs d’or comme le Burkina Faso.
Ce qu’il faut savoir sur le secteur minier Burkinabè
Dans ce contexte tendu, le paysage aurifère burkinabè évolue. Le groupe minier canadien Fortuna Mining Corp a annoncé son retrait du Burkina Faso avec la vente de sa participation dans Roxgold Sanu SA, société exploitant la mine d’or de Yaramoko. L’acquéreur, Soleil Resources International, une entreprise privée mauricienne déjà active dans le pays, reprend l’ensemble des actifs pour un montant évalué à 130 millions de dollars américains, soit environ 75,2 milliards FCFA.
Cet accord comprend également la cession de trois filiales détentrices de permis d’exploration. Pour Fortuna, il s’agit d’une sortie stratégique. Les réserves de la mine de Yaramoko arrivent à épuisement (avec une année de production restante), aucun nouveau projet d’exploration n’est en cours, et le climat des affaires se serait durci ces derniers mois.
Le Burkina Faso, qui a produit 53,374 tonnes d’or en 2024, reste cependant dynamique. En janvier 2025, la production industrielle s’élève déjà à 4,789 tonnes, en hausse de 11,3 % par rapport à janvier 2024. Cela représente 8,6 % de la production annuelle visée, estimée à 55,688 tonnes.
Pa Ouattara



