mercredi 29 avril 2026

Côte d’Ivoire : la dette publique ressort à 31 406,9 milliards FCFA au 31 décembre 2024, soit 59,5% du produit intérieur brut

La Côte d’Ivoire a clôturé l’année 2024 avec une dette publique s’élevant à 31 406,9 milliards de FCFA, soit 59,5 % de son produit intérieur brut (PIB), selon les données provisoires communiquées par la structure en charge de la gestion de la dette. Un chiffre en forte hausse, qui illustre une dynamique d’endettement soutenue ces cinq dernières années : l’encours a presque doublé depuis 2020, où il s’établissait à 16 802,3 milliards de FCFA.

Cette évolution, qualifiée de « réflexe stratégique » par les autorités, est principalement attribuée au financement des Plans Nationaux de Développement (PND) successifs. Entre 2020 et 2024, les besoins d’investissement ont en effet fortement mobilisé les ressources publiques, contribuant à la montée progressive de la dette : 20 269,8 milliards en 2021, 24 774,4 milliards en 2022, 27 782,6 milliards en 2023, pour atteindre un pic historique en 2024.

Malgré cette tendance haussière, le ratio dette/PIB reste en dessous du seuil communautaire de 70 % fixé par les critères de convergence de l’UEMOA. Un maintien que les autorités expliquent par de solides performances macroéconomiques et une gestion jugée rigoureuse de la dette publique. Les intérêts de cette dette représentent aujourd’hui 16,7 % des recettes budgétaires et 2,7 % du PIB.

La dette extérieure constitue la plus grande part de l’encours global, avec 19 949,2 milliards de FCFA, contre 11 457,7 milliards pour la dette intérieure. Mais c’est cette dernière qui pèse le plus lourd sur le budget de l’État. En 2024, le service de la dette c’est-à-dire le remboursement du principal et des intérêts – a atteint 5 206 milliards de FCFA, dont 2 846,9 milliards pour la seule dette intérieure, contre 2 359,1 milliards pour l’extérieure.

Sur l’année, les tirages et émissions ont totalisé 7 294,7 milliards de FCFA, répartis entre 4 289,7 milliards pour la dette extérieure et 3 005 milliards pour la dette intérieure. À noter que la majorité des emprunts contractés l’ont été à taux fixe (89,3 %), une stratégie qui vise à renforcer la prévisibilité des charges financières à venir.

Du point de vue monétaire, la dette est composée à hauteur de 17 498,5 milliards en devises étrangères et 13 908,4 milliards en francs CFA. L’euro reste la devise de référence dans la structuration de la dette extérieure ivoirienne (68,7 %), devant le dollar américain (13,5 %) et le FCFA (12,3 %).

Afin de limiter les risques liés à la fluctuation des devises, notamment entre l’euro et le dollar, la Côte d’Ivoire a mis en place des opérations de couverture du risque de change. Ces opérations consistent à convertir certains engagements en dollars en euros, grâce à des instruments dérivés, une stratégie facilitée par la parité fixe entre le franc CFA et l’euro. Les eurobonds et certains prêts bilatéraux figurent parmi les instruments visés.

Enfin, la dette intérieure reste dominée par les obligations. Toutefois, les emprunts contractés par syndication (46,1 %) surpassent ceux obtenus par adjudication (32 %), traduisant une évolution dans les modalités de mobilisation des ressources sur le marché domestique.

Par Ouattara

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