mercredi 29 avril 2026

Gabon / Finances publiques : 1 403 milliards FCFA mobilisés à travers l’opération « Mouele » visant à réorganiser la dette

En février 2025, le Gabon était au bord de l’asphyxie budgétaire en raison d’un taux d’endettement très élevé. La dette intérieure du pays à cette période était estimée à 2 196 milliards FCFA. Toute cette manne financière était censée être remboursée entre 2025 et 2027, une situation délicate qui risquait de peser lourdement sur le budget de l’État. Pour y faire face et offrir une bouffée d’oxygène à l’économie nationale, le gouvernement a opté pour une mesure de réorganisation de sa dette à travers une levée de fonds. L’opération, dénommée « Mouele », a permis au pays de mobiliser 1 403 milliards FCFA, réduisant ainsi les risques financiers et stabilisant les équilibres budgétaires.

En effet, l’opération s’est articulée autour de trois axes. Le premier consistait en un reprofilage de la dette intérieure. À ce titre, la durée des titres existants, estimés à 592 milliards FCFA, est passée de 2,3 ans à près de 6 ans. En les réétalant sur une période plus longue, l’objectif est d’alléger la pression sur la trésorerie de l’État à court terme. Le deuxième axe portait sur la titrisation de créances bancaires, soit 473 milliards FCFA de dettes détenues par des établissements bancaires hors marché. Ces créances ont été converties en Obligations Assimilables du Trésor (OAT) avec une échéance de 6 ans, dont deux années de différé. Le troisième axe a consisté à mobiliser de nouvelles ressources sur le marché, atteignant 338 milliards FCFA.

L’opération « Mouele » a permis de dégager un gain global de 680 milliards FCFA. Ce montant comprend un allègement immédiat de trésorerie de 494 milliards FCFA et des économies de 189 milliards FCFA sur les taux d’intérêt habituels. Le succès de l’opération a été rendu possible grâce à l’implication de plusieurs établissements bancaires de la zone CEMAC, à savoir BGFI Bank, Ecobank, Orabank, UBA et Coris Bank. Les partenaires au développement du pays ont également apporté leur soutien : l’Agence française de développement (AFD), le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD).

Par Léon Yougbaré

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