Dans un contexte de doutes persistants sur la volonté des majors pétrolières de maintenir leurs activités en Afrique, ExxonMobil vient de balayer les spéculations d’un revers. Le géant américain de l’énergie a annoncé un engagement de 1,5 milliard de dollars pour relancer sa production en eaux profondes au Nigeria, réaffirmant ainsi sa stratégie à long terme dans le pays.
Ce nouvel investissement, qui s’étalera entre le deuxième trimestre 2025 et 2027, sera principalement dirigé vers la revitalisation du champ offshore d’USAN, l’un des gisements clés d’ExxonMobil dans les eaux profondes nigérianes. La décision finale d’investissement est attendue d’ici fin septembre 2025, sous réserve de l’approbation du plan de développement du champ pétrolier et des validations internes de financement, ainsi que celles des partenaires.
Mais le champ d’USAN n’est qu’un élément de cette nouvelle dynamique. ExxonMobil a également exprimé son intention d’accélérer le développement d’autres actifs stratégiques, notamment les champs d’Owowo et d’Erha, confirmant ainsi une approche plus large de renforcement de sa présence dans le pays. Cette orientation vise à soutenir les ambitions du Nigeria d’augmenter sa production nationale, à l’heure où le pays tente de restaurer sa capacité d’exportation face aux défis structurels du secteur.
L’annonce a été rendue publique à la suite d’une visite du directeur général d’ExxonMobil au Nigeria, M. Shane Harris, auprès du patron de la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC), l’ingénieur Gbenga Komolafe. Selon un communiqué diffusé mardi par le régulateur, le dirigeant d’ExxonMobil a souligné que ce programme d’investissement traduit « la confiance de l’entreprise dans la viabilité à long terme du secteur pétrolier en amont au Nigeria et son rôle stratégique sur l’échiquier énergétique mondial ».
À contre-courant de la tendance au désengagement observée chez certaines multinationales dans le golfe de Guinée, ExxonMobil affiche une posture offensive. Cette expansion prévue constitue un signal fort envoyé aux autorités nigérianes et aux partenaires internationaux, dans un contexte où la stabilité réglementaire et les perspectives de rentabilité sont de plus en plus scrutées.
Par D.Ouattara



