mardi 26 mai 2026

Nigeria : le gouvernement mise sur l’industrialisation pour atteindre un PIB de 1 000 milliards de dollars

Le Nigeria doit porter sa croissance économique annuelle à un rythme compris entre 7 % et 10 % s’il veut espérer atteindre l’objectif fixé par le président Bola Tinubu : un produit intérieur brut de 1 000 milliards de dollars. C’est l’avertissement lancé par John Owan Enoh, ministre d’État à l’Industrie, au Commerce et à l’Investissement, lors d’un point de presse tenu à Abuja avant le Sommet ouest-africain sur l’industrialisation, la fabrication et le commerce (IMT 2025).

Avec une croissance actuelle avoisinant les 3 %, le pays reste loin de ses ambitions. Pour M. Enoh, l’industrialisation constitue la seule voie capable d’assurer une prospérité durable. « Aucun pays devenu une nation du premier monde n’y est parvenu sans s’industrialiser », a-t-il rappelé, en posant une question lourde de sens : « Avec notre population qui dépassera 400 millions d’habitants dans les prochaines décennies, que ferons-nous de cette jeunesse si nous n’avons pas d’industries pour les absorber ? »

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Le ministre a annoncé que le gouvernement finalisait une nouvelle politique industrielle qui sera validée le 4 septembre. Ce texte doit servir de cadre stratégique pour relancer les industries locales, stimuler la production manufacturière et redonner vie à des secteurs en déclin comme le textile, autrefois grand pourvoyeur d’emplois. Le futur « code industriel » doit également s’attaquer aux déficits de compétences et positionner le Nigeria sur la voie de la compétitivité mondiale.

Parmi les mesures déjà engagées figure l’interdiction temporaire de l’exportation de beurre et de noix de karité, une décision destinée à encourager la transformation locale. Selon le gouvernement, cette restriction de six mois vise à protéger et développer la filière du karité afin de générer environ 300 millions de dollars de revenus annuels à court terme.

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Le Conseil de recherche et de développement des matières premières travaille, de son côté, sur un projet de loi qui imposerait un minimum de 30 % de valeur ajoutée aux matières premières avant toute exportation. Pour M. Enoh, cette exigence est indispensable pour réduire la dépendance du Nigeria aux importations et bâtir une base industrielle solide.

Le Sommet IMT 2025, placé sous le thème « Accélérer la révolution industrielle durable de l’Afrique de l’Ouest pour la prospérité économique », doit jouer un rôle de catalyseur dans ce processus. « Pendant trop longtemps, notre développement est resté tributaire de l’exportation de matières premières. Le moment est venu de libérer le potentiel de nos industries, de renforcer nos MPME et de valoriser nos ressources manufacturières », a affirmé M. Enoh.

Wemimo Oyelana, directeur national de dmg Nigeria events, organisateur du sommet, a insisté sur l’objectif du rendez-vous : offrir une plateforme de dialogue et de solutions pratiques aux acteurs de l’industrie, tout en tirant parti des opportunités de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Par Drissa Ouattara

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