La Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025) s’est achevée à Alger sur une note historique. Organisée par Afreximbank, la commission de l’Union africaine et la Zlecaf, l’édition de cette année a enregistré 48,3 milliards de dollars d’accords de commerce et d’investissement, dépassant largement l’objectif initial fixé à 44 milliards de dollars.
L’Algérie a été l’un des acteurs majeurs, avec 11,4 milliards de dollars de contrats conclus et 11,6 milliards supplémentaires en cours de négociation. Ce niveau d’engagement surpasse les résultats des précédentes éditions : 43 milliards de dollars au Caire en 2023 et 42 milliards à Durban en 2021, confirmant le rôle de l’IATF comme catalyseur de l’intégration économique africaine.
L’événement, qui s’est tenu sur une semaine, a réuni 2 148 exposants venus de 132 pays et plus de 112 000 délégués. Pour Afreximbank, les résultats dépassent tous les indicateurs fixés. « C’est la meilleure édition à ce jour », a déclaré son président sortant, Benedict Oramah, tout en insistant sur l’importance du suivi des transactions pour s’assurer de leur concrétisation d’ici la prochaine foire prévue à Lagos en 2027.
L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, président du conseil consultatif de l’IATF, a salué un « succès retentissant » qui, selon lui, « a dépassé toutes les attentes ». Il a attribué cette réussite à l’organisation exemplaire de l’Algérie et à l’engagement du président Abdelmadjid Tebboune en faveur de la coopération africaine.
Le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, a pour sa part rappelé que l’impact réel de l’IATF se mesurera à la croissance effective du commerce intra-africain. « Près de 50 milliards de dollars de transactions, c’est très encourageant. Mais l’enjeu est désormais de transformer ces accords en échanges concrets », a-t-il souligné, annonçant de nouveaux protocoles visant à renforcer la participation des jeunes, des femmes et des investisseurs d’ici 2035.
L’IATF 2025 a également mis en lumière certaines limites, notamment la faible présence des institutions financières africaines. Benedict Oramah a appelé banques, assureurs et institutions de crédit à s’impliquer davantage afin de soutenir le financement et la gestion des risques liés au commerce continental.
Le rendez-vous est désormais pris pour Lagos en 2027. En attendant, les acteurs économiques sont appelés à capitaliser sur la dynamique enclenchée à Alger pour concrétiser les promesses d’une Afrique plus intégrée et plus prospère.
Par Drissa Ouattara



