mardi 10 février 2026

Afreximbank : l’hommage vibrant de George Elombi au « Grand Homme du Peuple », le Professeur Benedict Oramah

C’est une page d’histoire qui s’est tournée , ce vendredi 24 octobre 2025, à l’hôtel St. Regis, dans la Nouvelle Capitale administrative d’Égypte. À l’occasion d’une conférence d’adieu organisée en l’honneur du Professeur Benedict Oramah, président sortant d’Afreximbank, son successeur désigné, le Dr George Elombi, lui a rendu un hommage empreint d’émotion et de reconnaissance. Un discours à la fois solennel et personnel, retraçant le parcours exceptionnel de celui qu’il appelle « le Grand Masque du développement africain ».

Dès l’entame de son allocution, le Dr Elombi a salué la présence de nombreuses personnalités, venues témoigner de l’impact et de la vision du Professeur Oramah. Il a rappelé les mots du gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, qui voyait en lui l’un des rares dirigeants capables d’allier « vision et exécution ». Une double qualité qui, selon lui, distingue le dirigeant d’exception du simple gestionnaire.

Revenant sur leurs débuts communs à Afreximbank, en 1996, George Elombi a brossé le portrait d’un homme animé d’une énergie hors du commun : « Il faisait tout : chargé de crédit, juriste, planificateur stratégique, conseiller… Et il excellait dans toutes ces fonctions. » Son ascension vers la présidence de la Banque, en 2015, paraissait dès lors inéluctable.

Sous le leadership du Professeur Oramah, Afreximbank a connu une transformation spectaculaire. D’une institution disposant de 6 milliards $US d’actifs en 2015, elle en compte désormais plus de 40 milliards. Cette expansion a permis la création de filiales et d’initiatives stratégiques, notamment FEDA, AfrexInsure, un fonds de préparation de projets, une fenêtre de financement concessionnel, ainsi que le Centre médical africain d’excellence (AMCE).

Pour le Dr Elombi, ces réalisations sont l’illustration d’une « approche portefeuille » novatrice, intégrant à la fois le commerce, son infrastructure et son environnement socio-économique. Oramah, dit-il, « a affronté de front les défis du sous-développement industriel africain et fait d’Afreximbank un véritable supermarché du développement ».

Le successeur désigné d’Afreximbank a également souligné la contribution du Professeur Oramah à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et à la réaffirmation du rôle de la diaspora africaine dans la renaissance économique du continent.

Au-delà du dirigeant, George Elombi a dressé le portrait d’un homme multiple, à la fois rigoureux, visionnaire et profondément humain : « Celui qui tient sa quinzième réunion du jour à minuit, celui qui lit chaque document, qui partage un verre de vin rouge en préparant un discours, et qui demeure un père de famille exemplaire. »

Les distinctions reçues par Benedict Oramah témoignent de cette stature continentale et mondiale. La Russie lui a décerné la Médaille de l’Amitié, suivie du Cameroun, du Congo-Brazzaville, du Tchad, du Nigeria, du Gabon et de la Guinée-Bissau, qui l’ont tous honoré de leurs plus hautes distinctions. Mais, pour Afreximbank, le titre le plus symbolique demeure celui que lui ont attribué les anciens d’Onitsha, au Nigeria : « Dikeora », le Grand Homme du Peuple.

« Tu as défendu la dignité de l’Africain, tu as prouvé que le génie africain pouvait transformer le continent. Tu nous as appris la persévérance et le courage de défier le statu quo », a déclaré George Elombi, avant de conclure avec une touche d’humour : « Ainsi, mon frère Dikeora, le Grand Masque du développement, ne sois pas en retard au bureau lundi à 10 heures ! »

Un livre-souvenir retraçant la décennie Oramah a été présenté lors de la cérémonie. Il témoigne, selon le futur président d’Afreximbank, de la transformation profonde vécue par la Banque et du chemin qu’il reste à parcourir pour bâtir l’Afrique de demain.

Par Drissa Ouattara, Le Caire ( Égypte )

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