L’Africa Finance Corporation (AFC) a obtenu sa toute première facilité de prêt à terme liée au développement durable. Ce financement de 937,5 millions de dirhams émiratis (soit environ 255 millions de dollars) renforce les ambitions de l’institution panafricaine en matière d’infrastructures vertes et marque une percée majeure dans sa diversification financière.
Structurée avec le soutien d’un consortium de grandes banques des Émirats arabes unis, dont Abu Dhabi Commercial Bank, First Abu Dhabi Bank et Mashreqbank, la transaction intègre des objectifs de performance en matière de durabilité (SPT) directement dans les conditions de financement. En clair, plus AFC atteint ses cibles environnementales, plus les conditions de remboursement deviennent avantageuses. Une manière de lier la finance à l’impact climatique de façon tangible.
Pour Banji Fehintola, membre du conseil d’administration et responsable des services financiers de l’AFC, cette levée de fonds « illustre la capacité de l’AFC à allier innovation financière et mandat de développement industriel ». Elle consolide également les relations stratégiques de la Société avec les institutions financières du Golfe.
Ce nouveau financement s’inscrit dans une dynamique plus large. En 2024, l’AFC avait déjà levé 1,16 milliard de dollars via un prêt syndiqué, suivi d’une émission de capital hybride de 500 millions de dollars et d’une facilité Murabaha de 400 millions de dollars en 2025. La Société avait aussi marqué les esprits avec une obligation verte en francs suisses et une prise de participation stratégique de la Banque africaine de développement.
Avec des engagements notables comme sa participation dans Lekela Power aujourd’hui la plus grande plateforme d’énergie renouvelable du continent, l’AFC confirme son rôle de catalyseur des projets structurants à fort impact environnemental. Sa plateforme atteint déjà 1,2 million de foyers africains et permet d’éviter près de 8 millions de tonnes de CO₂ par an.
Par Drissa Ouattara



