mardi 10 février 2026

Avec une population active qui devrait augmenter de 600 millions dans les 25 prochaines années, l’Afrique subsaharienne est à l’heure des grands choix économiques, selon la Banque mondiale.

L’Afrique subsaharienne confirme sa résilience économique dans un contexte mondial encore incertain. Selon la Banque mondiale, la croissance régionale devrait passer de 3,5 % en 2024 à 3,8 % en 2025, portée par l’atténuation progressive de l’inflation et une reprise modérée de l’investissement. Mais derrière ces chiffres encourageants, souligne l’institution de Bretton Woods, un défi majeur persiste : celui de l’emploi, dans une région où la population active augmentera de plus de 600 millions de personnes au cours des 25 prochaines années.

Malgré les signes d’amélioration, l’économie subsaharienne reste exposée à de multiples risques, à en croire les prévisions. L’instabilité du commerce mondial, le recul de l’aide publique au développement et la contraction des financements extérieurs pèsent sur les perspectives. Le service de la dette extérieure, désormais équivalent à 2 % du PIB en 2024, a plus que doublé en dix ans. Surtout, près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne sont aujourd’hui considérés comme surendettés ou à haut risque de surendettement, contre seulement huit pays en 2014, pour atteindre 23 en 2025.

Toutefois, l’inflation, qui avait atteint des niveaux record en 2022 avec 23 pays affichant des taux à deux chiffres, recule progressivement : ils ne sont plus que dix en juillet 2025.

La nouvelle édition d’Africa’s Pulse, le rapport semestriel de la Banque mondiale sur la conjoncture économique régionale, intitulée « Comment créer des emplois en Afrique », met l’accent sur l’urgence d’une croissance créatrice d’emplois. « Au cours des 25 prochaines années, la population en âge de travailler en Afrique subsaharienne comptera plus de 600 millions de personnes supplémentaires », rappelle Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique. Or, dit-il, seuls 24 % des nouveaux travailleurs accèdent aujourd’hui à un emploi salarié.

Pour transformer ce potentiel démographique en dividende économique, la Banque mondiale recommande aux pays africains d’accélérer la diversification de leurs économies et de favoriser l’émergence d’entreprises de taille moyenne et grande, capables de créer massivement des emplois productifs.

Le rapport identifie plusieurs axes prioritaires de réforme pour stimuler la création d’emplois à grande échelle. D’abord, réduire le coût de l’activité économique pour permettre aux entreprises de croître et aux nouvelles structures de se lancer. Ensuite, mettre en place des politiques visant à fournir de meilleures infrastructures (énergie, numérique, transport) et à développer le capital humain et les compétences, afin de créer un écosystème propice à la réussite des personnes et des entreprises.

La Banque mondiale souligne également l’importance du renforcement des institutions et de la gouvernance, jugé essentiel pour assurer la stabilité, réduire la corruption et créer un environnement des affaires prévisible qui attire les investissements du secteur privé.

Enfin, la Banque mondiale met en avant plusieurs secteurs stratégiques pour l’emploi, notamment l’agroalimentaire, le tourisme, les mines, la santé, le logement et la construction. Ces domaines, selon elle, combinent un fort potentiel de croissance et une capacité d’absorption de main-d’œuvre. Le tourisme, par exemple, illustre bien cet effet multiplicateur : chaque emploi direct y génère 1,5 emploi supplémentaire dans des secteurs connexes.

Par David Yaméogo

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