mercredi 29 avril 2026

Aviation : la demande reprend en Afrique, mais les avions volent encore à moitié vides

En mars 2025, les compagnies aériennes africaines ont enregistré une hausse de 3,3 % de la demande de passagers par rapport à la même période l’an dernier. Une performance qui témoigne de la reprise progressive du secteur sur le continent, selon les données publiées par l’Association du transport aérien international (IATA). Mais cette embellie est à nuancer : avec un coefficient d’occupation de seulement 70,1 %, l’Afrique reste la région du monde où les avions sont les moins remplis.

Cette situation révèle un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande. Car si la demande progresse, la capacité, c’est-à-dire le nombre de sièges offerts, a, elle aussi, augmenté, de 3,5 % sur un an, dépassant légèrement la demande. Résultat : les compagnies aériennes peinent à optimiser leurs remplissages. Le taux d’occupation a même reculé de 0,2 point par rapport à mars 2024.

Ce contraste est d’autant plus marqué lorsqu’on compare les chiffres africains aux performances des autres régions. À l’échelle mondiale, la demande totale a progressé de 3,3 % en glissement annuel, mais avec une capacité en hausse de 5,3 %, le taux d’occupation moyen s’est établi à 80,7 %. Les compagnies d’Asie-Pacifique affichent la meilleure dynamique avec une envolée de 9,9 % de la demande et un taux de remplissage de 84,1 %.

En Amérique latine, la croissance atteint 7,7 %, avec un coefficient d’occupation de 80,9 %. Les transporteurs européens enregistrent une hausse de 4,9 % de la demande, pour un taux d’occupation de 78,2 %. En Amérique du Nord, la demande reste quasi stable (-0,1 %), mais les avions restent bien remplis à 83 %. Le Moyen-Orient, en revanche, connaît un recul de 1 % de la demande, en partie lié au calendrier du Ramadan, avec un taux d’occupation de 74,6 %.

Dans ce contexte, les transporteurs africains doivent relever le défi d’adapter leur offre à une demande encore fragile. Le rebond est bien là, mais il reste fragile, et insuffisamment rentable. Pour améliorer leur compétitivité, les compagnies devront sans doute repenser leur stratégie de desserte, renforcer les partenariats régionaux et capitaliser sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour stimuler la mobilité intra-africaine.

Par D.Ouattara

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