C’est officiel, les obligations émises par la microfinance Baobab Sénégal, labellisées vertes, sociales et durables, font leur entrée en bourse. Cela s’est matérialisé lors d’une cérémonie de première cotation tenue hier, mardi 25 février, à Dakar. L’objectif de l’emprunt, d’un montant de 20 milliards FCFA, est de permettre à l’institution de microfinance de concrétiser sa vision d’être actrice de l’inclusion financière des femmes et des jeunes au Sénégal. Il s’agit, en effet, de financer 5 000 entrepreneurs (jeunes et femmes) dans 14 régions du pays en facilitant leur accès au financement par le biais de Fonds communs de placement (FCP) ou des Mutuelles d’épargne et de crédit (MEC). « Ce sera avec des conditions préférentielles en termes de taux d’intérêt plus compétitifs, de durée de remboursement et de conditions de garanties, pour permettre à leurs entreprises, notamment celles en zones rurales, de croître et de prospérer à chaque étape de leur développement, qu’il s’agisse de la phase de démarrage, de croissance ou de maturité », a précisé le Directeur général de Baobab Sénégal, Mamadou Cissé. Pour lui, cette cotation marque une étape importante dans l’existence de Baobab Sénégal, en ce sens qu’il s’agit d’une entrée dans l’univers de la finance innovante dans le pays ainsi que dans la sous-région.
À travers cette cérémonie, les souscripteurs aux obligations émises par Baobab peuvent désormais les échanger sur le marché financier régional, s’ils le souhaitent. Selon le DG de CGF Bourse, SGI arrangeur principal et chef de file de l’opération, la deuxième phase de l’emprunt, qui a commencé dès ce mardi 25 février, constitue celle de la vie boursière. Ainsi, les souscripteurs percevront 6,80 % comme taux de rendement trimestriel après la première année de différé, jusqu’en 2029. À l’en croire, l’innovation financière de cette opération est qu’elle met en avant une vision holistique du développement durable, riche à la fois aux émetteurs, qui lèvent les fonds pour financer des projets ayant des bénéfices environnementaux, et aux investisseurs, qui achètent ces obligations pour générer un rendement rentable et créer un impact social.
Des acteurs majeurs du secteur financier, institutionnel et entrepreneurial ont pris part à la cérémonie. Parmi eux, le directeur de l’antenne de la BRVM au Sénégal, Oumar Dème, qui a salué cette cotation, symbole du dynamisme et de l’engagement du marché régional dans la finance durable, inclusive et tournée vers l’avenir. « En investissant dans cet instrument, les souscripteurs ont choisi d’accompagner des initiatives ayant un impact direct sur le développement économique et social dans notre région, notamment en faveur de l’inclusion financière, surtout chez les femmes et les jeunes, ainsi que du soutien aux entrepreneurs africains, en particulier nos PME », a-t-il renchéri.
Pour rappel, 140 souscripteurs ont participé à l’opération , dont la majorité vient du secteur institutionnel. 25 % des souscriptions reviennent aux banques, 5,70 % pour la catégorie personnes physiques et 3,80 % souscrits par les organismes de retraite et de prévoyance. De même, des sociétés industrielles et commerciales ont marqué leur intérêt pour la finance verte et durable en souscrivant pour 0,54 % des obligations émises. D’autres catégories d’investisseurs ont pris part à l’opération, notamment la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Coris Invest Group et les compagnies d’assurances, entre autres.
Par ailleurs, l’émission obligataire de Baobab Sénégal est la 33e au Sénégal sur le marché boursier. Concernant le type d’obligations, Baobab Sénégal est la première microfinance au Sénégal à émettre une obligation thématique et la première entreprise du secteur privé dans la zone UEMOA à émettre une obligation durable.
Par Léon Yougbaré



