samedi 14 février 2026

Burkina Faso : la contribution du secteur minier au budget de l’État atteint 567 milliards de FCFA en 2024, en progression de 5,2%

En 2024, le secteur extractif a consolidé son rôle moteur dans l’économie burkinabè, affichant une contribution de 567,2 milliards de FCFA au budget de l’État et des collectivités territoriales. Ce montant, en progression de 5,2 % par rapport à 2023, traduit la bonne tenue des recettes de services et douanières, respectivement évaluées à 206,5 milliards et 129,5 milliards de FCFA. Les recettes fiscales restent la principale composante de cette contribution, avec 231,2 milliards de FCFA, soit 40,8 % du total.

La valeur ajoutée du sous-secteur extractif s’établit à 1 792 milliards de FCFA contre 1 825 milliards de FCFA en 2023, soit une contraction de 1,8 %. Cette valeur a enregistré un taux d’accroissement moyen annuel de 12,9 % entre 2015 et 2024. Sur la période, le secteur a connu une phase d’expansion alimentée par la montée en puissance de la production d’or et des cours internationaux. Mais depuis 2021, la tendance s’est inversée, freinée par la baisse de la production minière et l’arrêt du zinc après la fermeture de la mine de Perkoa en 2023.

Les exportations nationales atteignent 3 421,3 milliards de FCFA en 2024, soit une hausse de 26,2 % par rapport à 2023. Leur taux d’accroissement moyen annuel sur dix ans est estimé à 11,2 %. Les industries extractives représentent 82,4 % de ces exportations, en progression de 2,5 points sur un an, soutenues par la hausse du cours de l’or. Ce métal précieux concentre à lui seul 82,3 % des exportations totales du pays et 99,9 % des ventes issues du secteur extractif.

Concernant la production totale d’or, elle a atteint 60,7 tonnes en 2024 contre 57,3 tonnes un an plus tôt. Cette hausse s’explique par la montée de la production artisanale, passée de 0,4 tonne à 7,1 tonnes, malgré la baisse de la production industrielle de 56,8 à 53,4 tonnes. Le volume d’argent, métal associé à l’or, s’établit à 9,3 tonnes, soit une hausse de 17,7 %.

Le nombre de titres miniers valides continue toutefois de baisser, s’établissant à 324 en 2024, contre 555 en 2020, soit une chute de 47,7 % et de 3 % sur un an. Cette baisse est due à l’expiration, au non-renouvellement et aux renonciations de plusieurs permis, particulièrement ceux de recherche, passés de 555 en 2020 à 276 en 2024, soit une diminution de 50,3 %. Les permis d’exploitation semi-mécanisée progressent en revanche, passant de 15 à 17 entre 2023 et 2024, avec l’octroi de nouveaux titres à Seouregane dans le Sud-Ouest et à Somanguina dans les Hauts-Bassins. Ce mode d’exploitation représente désormais 36,2 % des titres, en hausse de 13 %.

Pour sa part, la production des substances de carrières affiche une évolution contrastée. Après une tendance haussière entre 2015 et 2022, la production industrielle de granite, passée de 211 106 m³ en 2015 à un pic de 968 573 m³ en 2022, a reculé à 750 189 m³ en 2024. Cette baisse s’explique par l’arrêt des activités de plusieurs carrières, notamment celles de Manega, Sadaba, Koro, Comatrap NW, Rakaye et Doulougou Nord. Le calcaire dolomitique, utilisé dans la fabrication du ciment, suit la même tendance. Après une hausse entre 2020 et 2023, sa production a chuté à 193 766 m³ en 2024 contre 245 642 m³ l’année précédente. Les carrières actives se concentrent dans les régions des Hauts-Bassins (28,6 %), du Plateau-Central (22,8 %) et du Centre-Sud (20 %), représentant 71,4 % de la production nationale.

Enfin, les achats locaux de biens et services par les sociétés minières et leurs sous-traitants atteignent 1 199,5 milliards de FCFA en 2024 contre 1 271,4 milliards de FCFA en 2023 et 849,2 milliards de FCFA en 2022. La part des achats locaux définis par arrêté s’élève à 57,7 % des achats totaux, en hausse de 19,1 points sur un an, tandis que celle des biens et services non définis est de 35,6 %.

Malgré les défis liés à la baisse de certains titres miniers, la dynamique globale reste positive, portée par des performances budgétaires solides et une montée en puissance des exportations aurifères. Cette trajectoire traduit la volonté du pays d’accroître les retombées socio-économiques.

Par Leila Toé

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet