mercredi 29 avril 2026

Burkina Faso : les 20 établissements de crédit dégagent un bénéfice net de 135,5 milliards FCFA en 2024

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a connu un dynamisme économique au cours de l’année 2024 en dépit des tensons géopolitiques. Dans ce contexte, le système bancaire burkinabè, composé de 20 établissements de crédit, s’est distingué par sa robustesse. Consolidant son rôle de troisième place bancaire de l’Union après la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

Selon les données provisoires de l’Autorité bancaire régionale, le total bilan des banques du Burkina s’est établi à 9 574 milliards FCFA, en hausse de 5,1 % par rapport à l’année précédente. Cela représente 13,3 % des parts du marché bancaire de l’Union. Le réseau bancaire burkinabè comprend 373 agences et bureaux, ainsi que 610 guichets automatiques (GAB/DAB). Le nombre de comptes bancaires a atteint 3 269 451, plaçant le Burkina en deuxième position dans l’UMOA en termes de nombre de comptes bancaires derrière la Côte d’Ivoire.

Des indicateurs financiers globalement positifs

Le secteur bancaire national a affiché une bonne tenue des fondamentaux. Le coefficient de liquidité s’est élevé à 113,9 %, largement supérieur à la moyenne de 106,8 % observée dans l’ensemble de la zone UMOA. Par ailleurs, les créances en souffrance sur le marché interbancaire ont chuté de 44,5 %, passant de 883 milliards FCFA en 2023 à 490 milliards FCFA en 2024.

Du côté des opérations avec la clientèle, les crédits à court terme ont progressé de 19,4 % pour atteindre 1 684,37 milliards FCFA. En revanche, les crédits à long terme ont connu une baisse de 20,8 %, pour s’établir à 70,4 milliards FCFA. Les crédits de location-financement ont également fléchi de 37,4 %, à 10,4 milliards FCFA. Au total, les crédits à terme ont atteint 4 110,3 milliards FCFA, en léger recul de 1,4 %.

Les créances en souffrance brutes ont progressé de 13,1 %, atteignant 448,5 milliards FCFA, dont 91,1 milliards de créances restructurées et 357,4 milliards de créances douteuses ou litigieuses.

Rentabilité et structure financière

En dépit d’un recul de 11,5 % des produits bancaires globaux, chiffrés à 2 174,2 milliards FCFA, le produit net bancaire s’est apprécié de 2,5 %, atteignant 436,8 milliards FCFA. Le résultat net a connu la même tendance haussière, se chiffrant à 135,5 milliards FCFA, en hausse de 2,2% par rapport à 2023. La hausse du résultat net malgré la baisse du produit net bancaire est la résultante de la réduction drastique des pertes des banques au cours de l’année 2024 qui sont passées de 28,1 milliards FCFA à 13,26 milliards FCFA, soit une baisse de 53% sur une année.

En termes de charges, les charges de personnel se sont élevées à 81,1 milliards FCFA, tandis que les impôts, taxes et versements assimilés ont représenté 7,8 milliards FCFA. L’impôt sur les bénéfices s’est quant à lui établi à 16,4 milliards FCFA.

Sur le plan du passif, les dépôts à terme ont totalisé 1 745,2 milliards FCFA. Les comptes d’épargne à régime spécial ont progressé de 8,9 %, atteignant 1 130,3 milliards FCFA. Les dépôts de garantie ont fortement augmenté (+66,3 %), pour s’établir à 503,7 milliards FCFA.

Le capital social des établissements de crédit a atteint 328,7 milliards FCFA en hausse de 25,4 % par rapport à 2023. Ce capital est détenu à hauteur de 195,6 milliards FCFA par des nationaux, dont 65,8 milliards FCFA pour l’État et 129,8 milliards FCFA pour des investisseurs privés. Les non-nationaux détiennent 120,5 milliards FCFA, dont 53,6 milliards issus de l’espace UMOA.

Un secteur bancaire bien capitalisé

Le secteur bancaire burkinabè respecte globalement les normes prudentielles de l’UMOA. Le ratio de fonds propres de base CET1 s’élève à 13,9 %, contre un minimum réglementaire de 7,5 %. Le ratio T1, également fixé à un minimum de 8,5 %, affiche lui aussi une moyenne de 13,9 % au Burkina. Quant au ratio de solvabilité, les banques burkinabè atteignent une moyenne de 14,5 %, bien au-dessus du seuil de 11,5 % requis. Le ratio de levier, enfin, s’élève à 7,6 %, dépassant largement la norme minimale de 3 %.

En 2024, les établissements de crédit ont employé 4 359 personnes, dont 2 173 cadres et 2 086 employés. Le nombre de comptes bancaires a crû de 116 806 sur l’année, avec une très forte domination des comptes de personnes physiques (3 073 481) par rapport aux comptes de personnes morales (195 970).

Malgré un environnement économique, national et régional tendu, les banques burkinabè ont donc su maintenir leur résilience et renforcer leurs fondamentaux. De quoi rassurer sur leur solidité et leur rôle central dans le financement de l’économie.

Par Drissa Ouattara

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