Dans un entretien accordé à la presse ce dimanche 28 septembre 2025, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a longuement évoqué la situation économique du pays. Parmi les sujets abordés, le secteur minier a occupé une place centrale.
Malgré les défis sécuritaires persistants, le Burkina Faso affiche des indicateurs de croissance en amélioration. Cette dynamique positive s’explique en partie par la relance progressive de l’activité minière, après plusieurs années de ralentissement ou d’arrêt sur certains sites.
« Il y a un certain nombre de mines qui avaient arrêté l’exploitation, d’autres en 2020, d’autres en 2018 même, mais qui ont repris aussi. Tout cela contribue à cette croissance », a rappelé le président, soulignant le lien entre la reprise des activités extractives et les résultats positifs observés au niveau macroéconomique.
Au-delà de cette reprise, les autorités affichent une volonté de transformation plus structurelle du secteur, fondée sur une reconquête de la souveraineté économique et un contrôle accru des flux aurifères. « Nous avons décidé de reprendre le contrôle de certaines mines. Deux premières mines ont été acquises pour près de 100 milliards FCFA », a déclaré le chef de l’État.
Ce virage stratégique repose sur deux leviers : le rachat progressif d’actifs miniers et la mise en place de partenariats de co-exploitation plus équilibrés avec les sociétés déjà implantées. L’objectif est d’en finir avec un modèle dominé par des opérateurs privés, dans lequel l’État se contente d’une part marginale et sans visibilité.
« La règle, c’est que quelqu’un vient, il prend le permis, il exploite. 10 % pour le gouvernement, le reste c’est pour lui. D’ailleurs, de ces 10 %, on n’a pas de contrôle », a regretté le président.
La nouvelle orientation vise ainsi à garantir une traçabilité des volumes extraits et à assurer un meilleur partage de la rente minière. « On est en train de reprendre le contrôle pour s’assurer de ce qui sort de notre sous-sol et prendre aussi une part importante », a-t-il insisté.
La stratégie actuelle repose sur un principe de souveraineté productive : maîtriser non seulement les volumes extraits, mais aussi les flux financiers associés, afin de sécuriser les recettes publiques et les orienter vers les priorités nationales (infrastructures, défense, industrialisation). « Si l’État n’est pas fort, vous n’avez pas de pays », a conclu le président, appelant à un nouveau paradigme économique.
Par Bernadette W. Gansonré



