Le premier Forum sur le secteur privé s’est tenu à Ouagadougou les 27 et 28 mai 2025, autour du thème « Construire des voies durables et inclusives pour le développement ». Coorganisé par le gouvernement burkinabè, le Groupe de la Banque mondiale et la Confédération générale des entreprises du Faso (COGEF), l’événement a réuni décideurs publics, acteurs privés et partenaires internationaux pour réfléchir aux leviers de croissance du secteur privé burkinabè.
Durant deux jours, des panels thématiques ont animé les débats, dont un panel de haut niveau sur l’accès au financement, réunissant des personnalités clés telles que le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, le ministre délégué chargé du Budget, Fatoumata Bako/Traoré, le président de la COGEF et fondateur du groupe Coris, Idrissa Nassa, la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Sahel, Clara de Sousa, et le directeur régional de la Société financière internationale (SFI) pour l’Afrique de l’Ouest, Olivier Buyoya.
L’accès au financement, principal frein pour les PME, a été au cœur des discussions. « Le manque de financement est souvent lié à un déficit d’organisation et de formation des entrepreneurs », a souligné Idrissa Nassa. Il a insisté sur la nécessité pour les chefs d’entreprise de mieux se structurer afin d’aborder les institutions financières avec plus d’assurance. Selon lui, le forum est justement l’occasion de leur fournir des outils et des recommandations pour franchir ce cap. Il a également salué les réformes initiées par le gouvernement, tout en appelant à des efforts supplémentaires pour renforcer l’écosystème entrepreneurial.
L’intervention d’Idrissa Nassa a aussi mis en lumière le rôle crucial des institutions financières internationales. Il a plaidé pour un soutien plus soutenu de la SFI et de la Banque mondiale, qui, selon lui, doivent s’affranchir de certaines réticences face à la région. « Notre situation économique exige que nous investissions dix fois plus que d’autres pays pour combler notre retard », a-t-il affirmé. Il a rappelé que, depuis 2010, la SFI appuie le groupe Coris, en fournissant financements, assistance technique et couverture des opérations. Ce soutien a été particulièrement précieux à une période où aucune banque locale ne pouvait garantir des lettres de crédit confirmées à l’international, marquant la confiance de la SFI envers le secteur privé burkinabè.
Enfin, Idrissa Nassa a souligné la résilience du secteur privé national, malgré un contexte sécuritaire et économique difficile. « Si l’économie burkinabè reste plus résiliente que celles d’autres pays de la région, c’est grâce aux efforts des entrepreneurs locaux, et cela mérite d’être reconnu et encouragé », a-t-il conclu.
Par Drissa Ouattara



