Le secteur de la microfinance au Burkina Faso, fort de 120 institutions réparties sur tout le territoire, continue de faire preuve de résilience. C’est ce qui ressort du bulletin statistique du deuxième trimestre 2025, publié par la Direction de la surveillance et du contrôle des systèmes financiers décentralisés, rattachée à la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique.
Le nombre d’institutions de microfinance (SFD) reste inchangé par rapport à la fin de 2024, avec 84 mutuelles, 9 associations, 23 sociétés anonymes et 4 SARL. Mais si la structure du secteur demeure stable, ses principaux indicateurs d’activité connaissent une évolution significative.
Le nombre de membres a franchi la barre symbolique des deux millions, atteignant 2 007 891 au deuxième trimestre 2025, contre 1 949 077 au trimestre précédent. Dans ce total figurent 1 013 614 hommes, 706 771 femmes et 287 506 personnes morales.
Les dépôts des membres ont progressé de plus de 27 milliards FCFA en trois mois, passant de 499,13 milliards à 526,36 milliards FCFA. L’encours de crédit enregistre une légère hausse, de 401,39 milliards à 403,54 milliards FCFA. La progression la plus marquée concerne toutefois les crédits décaissés, qui, après une forte baisse au premier trimestre, sont repartis à la hausse pour atteindre 136,9 milliards FCFA, contre 102,85 milliards trois mois plus tôt. Cette évolution traduit un regain de financement des activités des membres.
Cependant, les indicateurs de rentabilité restent préoccupants. Le rendement sur fonds propres recule de 0,89 % à 0,58 %, loin de la norme fixée à 15 %. Le rendement sur actifs passe de 0,18 % à 0,11 %, pour une norme de 3 %. Quant à la marge bénéficiaire, qui avait montré des signes de reprise au premier trimestre, elle s’effondre de 3,78 % à 1,47 %, alors que la norme attendue est de 20 %.
Cette situation s’explique en grande partie par la dégradation continue de la qualité du portefeuille de crédits. Les créances en souffrance ont encore augmenté, atteignant 37,3 milliards FCFA au deuxième trimestre 2025, contre 34,58 milliards au trimestre précédent. Le taux de créances en souffrance s’établit ainsi à 9,25 %, bien au-delà de la norme de 3 % fixée pour les prêts impayés depuis plus de 90 jours.
Par Drissa Ouattara



