mardi 10 février 2026

Burkina : les recettes de l’État passent à 3 299,8 milliards FCFA après l’adoption de la loi de Finances rectificative 2025 par l’Assemblée législative de transition

Réunis en séance plénière ce mardi 14 octobre 2025, les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont analysé le projet de Loi de finance rectificative (LFR) pour le budget 2025 soumis par le gouvernement. Ce projet prévoit un budget qui augmente de 150 milliards FCFA pour soutenir les projets de développement en cours, selon l’exécutif. À l’unanimité, les 69 votants ont adopté le projet de loi en présence de la ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako/Traoré.

Pour le gouvernement, les finances publiques du Burkina se portent bien grâce à une bonne mobilisation des recettes par les régies. Ce qui permet d’introduire plusieurs innovations destinées à soutenir la production nationale dans la LFR, en plus de l’augmentation des recettes. Dans sa nouvelle configuration, le budget passe de 3 149,8 milliards à 3 299,8 milliards FCFA en ressources et de 3 612,3 milliards à 3 762,3 milliards FCFA en dépenses.

Le besoin de financement qui se dégage est ainsi estimé à 462,5 milliards, identique à celui évalué dans la loi de finance initiale. Cette situation s’explique par le fait que les ouvertures de recettes ont été entièrement affectées à des dépenses. En plus, les ajustements techniques opérés au niveau des dépenses s’équilibrent en annulation et en ouverture. Ainsi, le déficit, rapporté au PIB nominal, ressort à 2,8% pour une norme communautaire d’au plus 3%. Les autorités prévoient combler ce gap à travers des mobilisations de fonds sur le marché des titres publics sous régional et via d’autres sources de financement.

Des ajustements pour un meilleur équilibre budgétaire

Pour justifier l’augmentation des ressources et des dépenses, le gouvernement a procédé à une série d’ajustements budgétaires visant à refléter la réalité économique du moment. Au niveau des ressources, les ajustements se sont articulés en annulations et en ouvertures. Les annulations concernent essentiellement les recettes non fiscales, pour un montant total de 8,6 milliards FCFA. Ce montant correspond au volet annulation du réaménagement opéré sur les recettes de services de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP).

En parallèle, le gouvernement a procédé à des ouvertures de recettes d’un montant global de 158,6 milliards FCFA. Sur ce total, 150 milliards FCFA proviennent de la DGTCP, dont 100 milliards attendus au titre des dividendes versés par les sociétés minières et 50 milliards issus des recettes de services. À cela s’ajoute une ouverture de 8,58 milliards FCFA en recettes exceptionnelles, correspondant au volet ouverture du réaménagement des recettes de services.

Du côté des dépenses, la loi de finances rectificative intègre également des réaménagements significatifs, toujours dans un souci d’efficacité et de soutenabilité budgétaire. Les annulations proposées s’élèvent à 9,14 milliards FCFA. Elles concernent d’une part des réaménagements internes sollicités par certains ministères, et d’autre part des marchés jugés incertains en raison de délais d’exécution incompatibles avec la clôture de l’exercice.

Fatoumata Bako/Traoré, ministre déléguée chargée du budget

En contrepartie, des ouvertures de crédits d’un montant global de 159,14 milliards F CFA ont été opérées. Ces nouvelles allocations budgétaires visent à couvrir le volet ouverture des réaménagements, évalué à 4,9 milliards FCFA, ainsi qu’un ensemble de dépenses spécifiques considérées comme prioritaires. Parmi celles-ci figurent 22,13 milliards FCFA destinés à la régularisation des dépenses du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B), 8,9 milliards pour les collectivités territoriales, 62,4 milliards pour le remboursement de prêts contractés auprès d’une institution bancaire et 8,03 milliards pour le règlement de dettes vis-à-vis de la société turque Baykar Makina Sanayi. Par ailleurs, un montant de 3,15 milliards de F CFA est prévu pour l’opérationnalisation du Système intégré de gestion automatisée des titres de transport (SIGATT).

La ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako/Traoré a rappelé que la loi de finance rectificative est un outil d’ajustement dans l’optique de tenir compte de la conjoncture économique actuelle du pays. « Nous avions reçu quitus de l’ALT en décembre pour la loi de finance initiale 2025. Mais compte de l’évolution du contexte et à l’occasion de la revue à mi-parcours de l’exécution du budget, nous avons préparé ce document pour demander à la représentation nationale de nous accompagner sur la prise en compte de certains ajustements » a-t-elle expliqué.

En termes d’innovations introduites, la ministre Bako a relevé la taxe additionnelle pour les parcelles non mises en valeur ou insuffisamment mises en valeur, l’exonération de certains produits pour accompagner l’offensive agro-pastorale. Autre innovation : exonération de la TVA sur le clinker, des intrants intervenant dans la fabrication du ciment. « Ce sont des mesures d’exonération de faveur fiscale » a commenté Mme Bako.

Par Léon Yougbaré

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