Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a publié, ce lundi 21 juillet 2025, son rapport de suivi-contrôle annuel des Institutions Privées d’Enseignement Supérieur (IPES) pour l’année 2025. Cette initiative, conforme aux dispositifs législatifs en vigueur, vise à garantir le respect du cahier des charges et la qualité de l’offre éducative dans le secteur privé. Elle traduit également l’engagement du ministère à assainir le secteur de l’enseignement supérieur privé, garantissant ainsi une formation de qualité pour la jeunesse burkinabè.
Du 29 janvier au 05 mars 2025, un total de 176 missions de suivi-contrôle ont été menées, couvrant 98 IPES, dont 17 universités et 81 instituts et écoles. Les critères d’évaluation englobaient l’organisation et la gestion administrative, les infrastructures et équipements, ainsi que l’organisation et la gestion pédagogique. Les résultats du classement des IPES en 2025 témoignent d’une amélioration globale de la qualité, bien que des défis subsistent.
Au titre des 17 universités privées contrôlées, 4 ont été jugées d’excellente qualité, 8 ont obtenu la mention « très bonne qualité », 3 sont de « bonne qualité », et 1 est d’« assez bonne qualité ». Une université, la Kosyam Jesuit University of Sciences (KoJUS) implantée à Ouagadougou, n’a pas été classée en raison de son statut particulier et d’une convention spécifique avec l’État.
Dans le détail, le classement des universités pour 2025 est mené par l’Université Libre du Burkina (ULB) avec une moyenne de 18,54. Dans le précédent classement, elle occupait la 4e place avec une moyenne de 17,46. Elle est suivie de près par l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest, Unité Universitaire à Bobo-Dioulasso (UCAO/UUB), qui a perdu sa première place, avec une moyenne de 18,27. L’Université Privée Catholique Saint Joseph (UCSJ) de Kaya referme le trio de tête avec une moyenne de 18,02, mieux que celle de 16,6 obtenue en 2023, bien que le rang soit resté le même. L’Université Saint Thomas d’Aquin (USTA), qui talonnait le leader dans le classement 2023 avec une moyenne de 17,46, est classée 5e en 2025, avec une moyenne de 17,87.
Concernant les 81 instituts et écoles évalués, 10 ont affiché une « excellente qualité », 18 sont de « très bonne qualité », 24 de « bonne qualité », 9 d’« assez bonne qualité », 7 de « qualité passable ». Contrairement aux universités, l’évaluation des instituts et écoles fait ressortir qu’un établissement est de « mauvaise qualité » et 7 de « très mauvaise qualité ». Dans le classement, le Burkina Institute of Technology (BIT) à Koudougou se distingue en première position avec une moyenne impressionnante de 19,63, suivi par l’Umanis Business School (UBS) avec 19,44. L’Institut Supérieur Privé de Technologies (IST), leader en 2023 avec une moyenne de 18,6, est classé 3e à la suite de l’évaluation. Quant à sa moyenne obtenue, elle a progressé significativement, atteignant 19,29.
Tendances générales et mesures correctives
Le nombre total d’IPES classées a légèrement diminué, passant de 95 en 2023 à 92 en 2025. Néanmoins, la proportion d’établissements de « bonne » à « très bonne » qualité a augmenté : 67 IPES, soit 72,82 %, ont obtenu une moyenne supérieure à 14/20 en 2025, contre 65 % en 2023. Notablement, 14 IPES ont reçu la mention « excellente qualité ». Cependant, 11 IPES, représentant 11,95 %, ont obtenu une moyenne entre 10 et 13/20, contre 25 % en 2023, signalant une qualité « passable » ou « assez bonne ». Plus préoccupant, 8 IPES (8,69 %), toutes des instituts et écoles, sont restées en dessous de la moyenne (contre 10 % en 2023), affichant une qualité « mauvaise » à « très mauvaise ». Pour ces dernières, une institution est invitée à collaborer avec la direction technique du ministère pour un accompagnement spécifique en vue de se conformer au cahier des charges. Les 7 autres sont sommées de fermer leurs portes et ne pourront rouvrir qu’après un redressement impératif supervisé par le ministère.
L’examen comparatif des manquements révèle une persistance de certaines irrégularités, bien que des progrès aient été faits sur d’autres aspects. Parmi les manquements notables en 2025, l’on note des cas d’enseignants sans niveau requis ou sans autorisation/ordre de mission. Cela reste une préoccupation majeure, avec 52 % des IPES concernées par des enseignants sans niveau requis, et 65 % par ceux sans autorisation d’enseigner. Ensuite, le rapport fait état de la non-conformité des PV de délibérations, notamment l’absence de signatures, de matières ou de notes, ce qui constitue un problème récurrent touchant 39 % des IPES. De plus, 14 % des IPES sont concernées par des encadreurs de rapports/mémoires non spécialistes ou n’ayant pas le niveau de diplôme requis.
Malgré ces défis, le rapport souligne les efforts consentis par les IPES, notamment le dépôt régulier des rapports de fin et de début d’année, la mise à disposition des équipements de travaux pratiques pour les filières techniques et professionnelles, la présentation des étudiants à l’examen du Brevet de Technicien Supérieur (BTS), ainsi que le choix du domaine de spécialisation.
Par Léon Yougbaré



