À peine un an après sa transformation en société d’État, la Société nationale des substances précieuses (SONASP) s’illustre par une bonne performance économique, selon le rapport de performance 2024 présenté à la 33e session de l’Assemblée générale des sociétés d’État. Créée le 24 octobre 2023, à la suite de la mutation de l’ex-ANEEMAS (établissement public à caractère commercial), la SONASP a pour mission stratégique la valorisation des substances précieuses du pays, à travers leur commercialisation, transformation, traitement et exploitation.
Dès sa première année d’existence juridique, la SONASP s’impose comme une réussite, tant par le choix stratégique de son secteur d’activité, les substances précieuses, que par sa rentabilité. Ce pari audacieux du gouvernement burkinabè se révèle payant : la société fait son entrée dans le Top 5 des sociétés d’État, tant en termes de chiffre d’affaires que de bénéfice.
Sur le plan financier, la SONASP affiche un bénéfice de 4,14 milliards FCFA. Ce niveau de rentabilité, illustré par un taux de rentabilité financière de 94,31 %, place l’entreprise parmi les sociétés d’État les plus performantes. Le chiffre d’affaires atteint 960,38 milliards FCFA, bien que la valeur ajoutée (6,34 milliards FCFA) révèle une marge commerciale relativement faible, notamment en raison de charges d’exploitation. Le résultat d’exploitation s’établit à 5,61 milliards FCFA, tandis que les charges de personnel, pour un effectif de 62 agents, s’élèvent à 680,64 millions FCFA. La masse salariale est estimée à 613,98 millions FCFA.
Le bilan au 31 décembre 2024 reflète une structure financière solide. Les capitaux propres atteignent 4,36 milliards FCFA, pour un total bilan de 22,96 milliards FCFA. Les ratios financiers révèlent une autonomie financière de 19,18 % et une solvabilité générale de 1,24. La liquidité générale s’établit à 1,23, indiquant une capacité globale à couvrir les dettes à court terme. En revanche, le ratio de liquidité immédiate ressort à 0,08. L’actif circulant de la SONASP s’élève à 21,42 milliards FCFA, constitué presque exclusivement de créances de moins d’un an, soit près du total bilan. Les dettes à court terme atteignent 18,56 milliards FCFA, dominées par les dettes fournisseurs (10,68 milliards FCFA) et les avances clients (4,56 milliards FCFA), auxquelles s’ajoutent les dettes fiscales (1,58 milliard FCFA), les autres dettes (1,67 milliard FCFA) et les dettes sociales (58,93 millions FCFA).
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En 2024, la SONASP a versé 686,84 millions FCFA au budget national à travers des impôts et taxes. En matière de responsabilité sociétale, elle a consacré 22,06 millions FCFA à des actions citoyennes, notamment dans le domaine de l’environnement, à travers des opérations de reboisement. Sous la direction de Sougrinoma Basile ZONGO, nommé le 25 octobre 2023, la société a entamé des démarches de diversification par des prises de participation dans deux entreprises locales : GOLDEN HAND, à hauteur de 4 millions FCFA, et RAFFINOR Burkina Faso, pour 4,9 millions FCFA. Toutefois, ces investissements attendent encore leur validation réglementaire par décret en Conseil des ministres.
La performance de la SONASP au terme de son premier exercice est incontestablement remarquable. Elle se distingue par une rentabilité exceptionnelle, une structure financière équilibrée et une entrée directe dans le cercle fermé des cinq premières sociétés d’État du Burkina Faso. Cette réussite confirme la justesse du pari stratégique opéré par les autorités en créant une société dédiée à la valorisation des ressources précieuses nationales. Pour autant, des défis subsistent : renforcer la gestion de la trésorerie, améliorer la liquidité immédiate et diversifier les actifs. À l’aube de sa deuxième année d’exercice, la SONASP dispose de tous les atouts pour s’imposer durablement comme un acteur central de l’économie minière burkinabè.
Par Léon Yougbaré



