La réduction de la fracture numérique est au cœur de la politique du gouvernement burkinabè. Dans ce sens, la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabane, a présidé à Ouahigouya dans le Yatenga, le lancement du projet de couverture de 750 zones blanches a été officiellement lancé lors d’un atelier tenu ce 30 septembre 2025.
Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du programme ambitieux « Zéro zone blanche » à l’horizon 2027, vise à offrir un accès universel aux services de télécommunication et aux services publics en ligne. Pour ce chantier de taille, l’État a consenti un investissement direct de 37,5 milliards FCFA via le Fonds pour l’Accès et le Service universel (FASU) et le Projet pour l’Accélération de la Transformation digitale (PACTDIGITAL). Les opérateurs de télécommunications compléteront le financement, pour un budget global estimé à 75 milliards FCFA.
Ces ressources permettront l’installation d’infrastructures télécoms dans des zones jusqu’ici totalement dépourvues de réseau. Selon le compte rendu de l’atelier publié par la direction de communication du ministère, près de 2 000 villages administratifs ne disposent encore d’aucune couverture, malgré la mise en service de 223 sites subventionnés depuis 2020.
Avec ce nouveau projet, 750 villages supplémentaires bénéficieront d’une couverture téléphonique et internet d’ici fin 2026. Cette avancée vient renforcer les efforts du gouvernement en matière d’inclusion numérique et constitue un jalon majeur vers l’atteinte de l’objectif « zéro zone blanche » fixé pour 2027.
Selon Dr Zerbo/Sabane, le succès de cette initiative dépendra non seulement des financements et des technologies mobilisées, mais aussi de l’adhésion des populations et de la collaboration avec les gouverneurs, autorités coutumières et religieuses. « Il vous reviendra de faciliter l’acquisition des sites, sensibiliser les populations, favoriser l’adhésion des communautés (…) » a-t-elle lancé aux autorités locales. La sécurisation des infrastructures dans les zones vulnérables a également été identifiée comme un enjeu clé.
Au-delà de l’aspect technique, le projet porte sans doute un enjeu économique et social majeur, à travers notamment l’accès des populations aux services publics en ligne, l’inclusion financière par le mobile banking et l’essor des activités économiques rurales entre autres. La mise en œuvre de ce programme confirme ainsi la volonté des autorités burkinabè de faire du numérique un moteur de développement et de modernisation de l’administration publique.
En rappel, la cérémonie de lancement a réuni les gouverneurs des régions, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), les opérateurs de télécommunications, les autorités coutumières, religieuses, militaires, paramilitaires ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Par Léon Yougbaré



