mercredi 11 février 2026

Congo-Brazzaville : le gouvernement prévoit un budget de 2 550,5 milliards FCFA, dégageant un déficit de 921,9 milliards

Le Parlement congolais a entamé, depuis le mercredi 15 octobre 2025, l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2026. Ce texte, au cœur des douze priorités inscrites à l’ordre du jour de la session budgétaire qui s’étendra jusqu’au 23 décembre, constitue l’un des principaux leviers de l’action gouvernementale pour la nouvelle année.

Le gouvernement de la République du Congo table sur un budget prévisionnel de 2 550,5 milliards FCFA de recettes et 2 270,2 milliards FCFA de dépenses. Ce cadrage marque une légère contraction par rapport à l’exercice 2025, où les recettes étaient fixées à 2 826,6 milliards FCFA et les dépenses à 2 233,2 milliards FCFA.

Cette orientation budgétaire s’inscrit dans un contexte de forte contrainte sur les finances publiques, alors que la dette publique est estimée à 1 072,57 milliards FCFA pour la période allant de juin à décembre 2025. Face à ce défi, le gouvernement a affiché sa volonté de resserrer la discipline budgétaire et de réduire progressivement l’endettement, tout en misant sur une hausse des recettes fiscales de 17% en 2026.

Des recettes dominées par le secteur pétrolier

Selon le projet soumis à l’Assemblée nationale et au Sénat, les recettes fiscales sont estimées à 1 255 milliards FCFA, réparties entre 1 005 milliards FCFA d’impôts et taxes intérieurs et 250 milliards FCFA de droits et taxes de douane. Les dons, legs et fonds de concours devraient contribuer à hauteur de 79,51 milliards FCFA, tandis que les cotisations sociales sont attendues à 95,7 milliards FCFA.

En parallèle, les autres recettes, évaluées à 1 120,34 milliards FCFA, proviendront majoritairement du secteur pétrolier, pilier de l’économie congolaise. Le gouvernement table sur 966 milliards FCFA de recettes pétrolières, issues pour l’essentiel de la vente des cargaisons (908 milliards FCFA), du bonus pétrolier (44 milliards FCFA) et de la redevance pétrolière (13 milliards FCFA).

Les recettes gazières sont projetées à 81 milliards FCFA, les recettes forestières à 14,1 milliards FCFA, et les recettes minières à 958 millions FCFA, un segment que les autorités souhaitent dynamiser pour diversifier les sources de revenus hors pétrole. À cela s’ajoutent 32,2 milliards FCFA de recettes de portefeuille et 26,1 milliards FCFA de recettes de services.

Le projet de loi de finances 2026 prévoit un déficit prévisionnel de 921,9 milliards FCFA, partiellement compensé par un excédent budgétaire de 280,4 milliards FCFA, ramenant le gap de financement à 641,5 milliards FCFA. Ce dernier devrait être comblé grâce à des financements extérieurs et intérieurs divers, sans pour autant compromettre la trajectoire de désendettement fixée avec les partenaires techniques et financiers.

Pendant plus de deux mois, les 151 députés et 72 sénateurs examineront minutieusement chaque ligne du projet de loi afin de s’assurer que les priorités nationales soient correctement reflétées dans la répartition des dépenses. Les discussions porteront particulièrement sur les allocations destinées à des secteurs stratégiques notamment l’éducation, la santé, les infrastructures et l’emploi, considérés comme des piliers du développement humain et de la relance économique.

Par David Yaméogo

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