lundi 16 février 2026

Côte d’Ivoire : Le FMI salue les progrès économiques et prévoit deux nouveaux décaissements d’un montant cumulé de 471 milliards FCFA

Les discussions entre le Fonds Monétaire International (FMI) et les autorités ivoiriennes ont abouti à un accord au niveau des services sur la cinquième revue du Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et de la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur la quatrième revue du Fonds pour la résilience et la durabilité (FSR). Cet accord ouvre la voie à deux nouveaux décaissements : 285 milliards FCFA au titre des accords MEDC/FEC et 187 milliards FCFA au titre du FSR, soit un montant cumulé de 471 milliards FCFA.

Selon la note du FMI, une mission conduite du 15 au 30 septembre 2025 à Abidjan par Olaf Unteroberdoerster, a salué les avancées notables enregistrées par le gouvernement ivoirien dans la mise en œuvre de son programme économique et financier. Depuis l’approbation, en mai 2023, d’un accord MEDC/FEC d’un montant de 1 956 milliards FCFA, et d’un programme RSF de 726 milliards FCFA en mars 2024, la Côte d’Ivoire a maintenu une trajectoire de réformes jugées « très performantes » par le FMI.

Selon le communiqué, le plan budgétaire, la discipline financière reste au cœur des engagements. Grâce à une mobilisation accrue des recettes fiscales et à un meilleur contrôle des dépenses, le déficit public devrait atteindre en 2025 le seuil de 3 % du PIB, fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) une première depuis le lancement du programme. Le gouvernement ivoirien s’est engagé à maintenir cette prudence jusqu’en 2026, tout en portant les recettes fiscales à 15,7 % du PIB, contre 15 % attendus en 2025 précise la note de l’institution financière internationale. Cette progression permettra de dégager des marges pour renforcer les investissements sociaux et les infrastructures, en ligne avec le Plan national de développement.

Concernant le FSR, les discussions ont porté sur l’intégration accrue de la dimension climatique dans la gestion publique, notamment par l’étiquetage du budget climat, l’évaluation des risques budgétaires liés au climat, et l’opérationnalisation d’un système d’audit énergétique.

Sur le plan macroéconomique, la Côte d’Ivoire confirme sa résilience. La croissance est attendue à 6,3 % en 2025, soutenue par le dynamisme des services, des hydrocarbures et du secteur minier. L’inflation, retombée plus rapidement que prévu, devrait s’établir autour de 1 % cette année. Les termes de l’échange s’améliorent grâce à la hausse des cours mondiaux du cacao et à la baisse des prix internationaux du riz et du blé, réduisant le déficit courant à environ 1 % du PIB en 2025.

La stabilité extérieure se renforce également, avec des réserves de change régionales équivalant à 5 mois et demi d’importations à fin août 2025. Pour le FMI, cette performance conforte le rôle d’ancrage économique de la Côte d’Ivoire au sein de l’UEMOA.

À moyen terme, les perspectives demeurent positives selon le FMI : une croissance moyenne de 6,7 % et une inflation maîtrisée sous la barre des 3 %. Toutefois, le pays reste exposé aux risques liés aux tensions géopolitiques mondiales et aux chocs climatiques. Le FMI estime néanmoins que ces risques sont « globalement équilibrés » et que la trajectoire ivoirienne reste solide.

Par Drissa Ouattara

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