Abidjan et l’institution de Breton Woods viennent de trouver un terrain d’entente. À l’issue d’une mission qui s’est déroulée du 24 mars au 9 avril, le Fonds Monétaire International (FMI) a conclu un accord avec les autorités ivoiriennes sur la quatrième revue du programme économique soutenu par le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur la troisième revue du programme de réformes climatiques adossé à la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Cet accord, une fois validé par le Conseil d’administration du FMI, ouvrira la voie à un double décaissement de 740 millions de dollars, soit environ 438,3 milliards FCFA. Pour Abidjan, c’est une reconnaissance claire des « progrès significatifs » réalisés dans les réformes macroéconomiques, budgétaires et climatiques.
Cap maintenu sur les 3 % de déficit
Dans un contexte économique mondial toujours incertain, l’économie ivoirienne affiche une solide résilience. Selon les services du FMI, la croissance devrait dépasser les 6 % dès 2025, portée notamment par une reprise de la production agricole, un dynamisme dans les hydrocarbures, les mines, les services et une amélioration des termes de l’échange. La hausse des prix du cacao et la baisse des cours pétroliers devraient également alléger le déficit courant extérieur, attendu sous les 4 % du PIB l’année prochaine.
L’objectif d’un déficit budgétaire de 3 % du PIB en 2025 est réaffirmé, conformément à la norme communautaire de l’UEMOA. Pour y parvenir, Abidjan s’est engagé à poursuivre sa stratégie de mobilisation des recettes fiscales, tout en renforçant la gestion des finances publiques et la gouvernance. Le déficit devrait ainsi reculer d’un point de pourcentage dès l’an prochain.
Accélération des réformes climatiques
Le second volet des discussions a porté sur l’agenda climatique. La Côte d’Ivoire entend accélérer l’intégration du climat dans sa stratégie budgétaire, en s’appuyant sur la FRD. Les chantiers prévus d’ici 2026 incluent la création d’un cadre de divulgation pour attirer les investissements verts, l’élaboration d’une taxonomie de transition climatique, la mise en place d’un système d’alerte précoce contre les catastrophes naturelles, et des mesures concrètes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Stabilité et confiance des marchés
Le FMI note par ailleurs la réussite récente de la Côte d’Ivoire sur les marchés financiers internationaux, à travers une double émission d’euro-obligations libellées en dollars et en francs CFA. Un signal fort, qui illustre la confiance des investisseurs dans la trajectoire budgétaire et économique du pays.
À moyen terme, la croissance ivoirienne est attendue autour de 6,5 % par an sur la période 2026-2030, avec une inflation maîtrisée sous les 3 %. Un scénario que le FMI juge réalisable, à condition de maintenir une gestion prudente de la dette et de poursuivre les efforts de mobilisation des ressources intérieures.
Par Ouattara



