jeudi 19 février 2026

Énergie au Burkina Faso : la production nationale bondit de 25% à 1 419,1 GWh en 2024 grâce à l’essor du solaire

Le ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières a rendu public, ce lundi 20 octobre 2025, le Tableau de Bord 2024 de l’énergie, des mines et des carrières. Le document met en lumière une progression soutenue du secteur électrique burkinabè, marquée par une expansion des capacités de production et une diversification des sources d’approvisionnement, mais également par des défis liés à la demande croissante et à la qualité du service.

En 2024, le pays comptait 54 centrales électriques en activité contre 51 l’année précédente, soit une progression de 5,9%. La puissance totale installée s’établit à 678,5 MW, en augmentation de 12,9% par rapport à 2023. Cette évolution s’inscrit dans une tendance haussière de long terme, avec un rythme moyen annuel de 8,4% sur la période 2015-2024.

Le solaire photovoltaïque poursuit sa montée en puissance, passant de 159,9 MWc à 228 MWc en un an, une progression de 42,6%. Cette performance est attribuée notamment à la mise en service de la centrale solaire PIE (Producteur indépendant d’électricité) de Zina avec une puissance de 26 MWc et à celle de Gonsin (42 MWc) dotée d’une capacité de stockage de 8 MWh. Le thermique, pour sa part, reste dominant avec 61% de la puissance totale, atteignant 415,9 MW en 2024 en hausse de 1,7%.

La demande maximale enregistrée par la SONABEL a bondi de 18% en un an, atteignant 571 MW en 2024 contre 484 MW en 2023. L’offre à la pointe s’élève à 399 MW, soit un déficit estimé à 30%. Sur les six dernières années (2018-2024), la progression moyenne annuelle de l’offre par rapport à la demande de pointe est évaluée à 5,5%, traduisant une tension structurelle persistante entre l’offre et la consommation.

Une production nationale en nette amélioration, baisse des importations

Face aux défis, le Burkina a misé, ces dernières années, sur l’augmentation de la production nationale. Ainsi, la production d’électricité a connu une hausse significative, passant de 1 135,6 GWh en 2023 à 1 419,1 GWh en 2024, soit une augmentation de 25%. Cette dynamique est portée par les centrales solaires, dont la production a plus que doublé (+126%), passant de 100,4 GWh à 227,4 GWh. Les énergies renouvelables contribuent désormais à hauteur de 29,7% de la production totale, avec un volume de 420,8 GWh en 2024 contre 248,5 GWh un an plus tôt (+69,3%).

A l’inverse, les importations d’énergie électrique ont diminué de 14,2%, s’établissant à 1 357,8 GWh en 2024. Elles ne représentent plus que 48,9% de l’offre nationale, contre 58,2% en 2023. Cette réduction traduit la volonté de renforcer l’autonomie énergétique du pays. Le Ghana demeure le principal fournisseur depuis 2019, couvrant 84,6% des importations, loin devant la Côte d’Ivoire (14,8%) et le Togo (0,6%). Les échanges avec la Côte d’Ivoire poursuivent leur baisse, avec une chute de 32,2% entre 2023 et 2024, avec une tendance baissière maintenue depuis 2018.

L’énergie livrée à la distribution est restée quasi stable à 2 661,4 GWh, tandis que l’énergie vendue a légèrement progressé pour atteindre 2 351,9 GWh (+7,8 GWh). Les pertes globales de distribution ont reculé de 1,4 point, passant de 12,8% à 11,4%. Cependant, la qualité du service s’est détériorée : le nombre d’heures moyennes de coupures a quadruplé en un an, passant de 87 à 358 heures (+311,5%). Sur la période 2015-2024, les coupures ont enregistré une évolution moyenne de 56,3%. Quant à la fréquence des interruptions, elle a bondi de 65,9% (146 en 2024).

Côté consommation, la progression reste timide avec une hausse de 0,3%, soit 2 351,9 GWh en 2024. Les clients en basse tension, principalement les ménages, représentent 55,5% de la demande totale, atteignant 1 305,5 GWh en 2024, en progression de 10,8%. Les régions du Centre et des Hauts-Bassins demeurent les plus consommatrices, totalisant respectivement 52,9% et 20,8% de la demande nationale. À l’inverse, le Sahel et le Centre-Sud enregistrent les plus faibles parts, en deçà de 1%.

Extension du réseau et électrification des localités

Le réseau de distribution poursuit son expansion, atteignant 25 362 km en 2024, soit une hausse de 3% sur un an et un rythme moyen de croissance de 7,9% depuis 2015. Les réseaux haute tension couvrent 8 486 km (+1,3%) contre 16 976 km pour la basse tension (+3,9%). Les régions du Centre et des Hauts-Bassins concentrent 40,6% du réseau, tandis que le Sud-Ouest et le Sahel restent les moins desservis avec seulement 4,3%.

Le nombre de localités électrifiées s’élève à 1 328, contre 1 282 l’année précédente. Bien que la croissance annuelle moyenne depuis 2015 avoisine 10%, le rythme de nouvelles électrifications est en net ralentissement, passant de 160 localités en 2021 à 46 en 2024, soit un recul de 46,4% sur cette période.

Le nombre total d’abonnés est passé de 1,12 à 1,22 million entre 2023 et 2024, soit une progression de 8,5%. Sur la période 2015-2024, le taux de progression annuelle des abonnements ressort à 8%. Le mode de prépaiement gagne du terrain, avec une croissance annuelle moyenne de 28,3% sur la dernière décennie, tandis que le post-paiement enregistre une baisse de 6%.

Un taux d’électrification en amélioration

Le taux national d’électrification atteint 34,2% en 2024 contre 31,9% en 2023, soit un gain de 2,3 points. Le milieu urbain affiche un taux de 87,8%, tandis que le rural reste à 10,2%. Le taux de couverture électrique s’élève à 53,3% et celui de desserte à 58,3%. Les disparités régionales demeurent marquées : le Centre (71,4%) et les Hauts-Bassins (49,4%) se distinguent, alors que le Sahel (9,6%) et l’Est (11,3%) restent en retrait, en raison notamment des contraintes sécuritaires.

Par Léon Yougbaré

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