Lors de la troisième édition du Forum international de la jeunesse de Ouagadougou (FIJAO), placée sous le thème « Jeunesse africaine et souveraineté économique : innover, entreprendre et bâtir l’Afrique de demain », le directeur général de Burkina Mine, Rayangniwendé Abdoul Rasaky Kaboré, est intervenu sur la thématique « Innovation et industrialisation, la jeunesse au cœur de la transformation ». Dans un discours à la fois lucide et encourageant, il a partagé sa vision du rôle de la jeunesse africaine dans la dynamique d’innovation et de transformation économique du continent.
Pour lui, l’innovation n’est pas synonyme d’invention, mais d’amélioration de l’existant. « Pour moi, l’innovation, c’est simple. C’est prendre quelque chose qui existe et y mettre quelque chose qui peut lui apporter plus de valeur. L’innovation, ce n’est pas inventer ou partir de zéro », a-t-il expliqué. Il estime que la jeunesse doit s’approprier ce concept et le mettre au service du développement africain.
Appuyant son propos par des exemples concrets, Rayangniwendé Abdoul Rasaky Kaboré a rappelé que les grandes entreprises technologiques mondiales ont été fondées par des jeunes. « Facebook de Mark Zuckerberg, Alphabet (Google), Microsoft de Steve Jobs… Ce sont des jeunes qui, à partir de l’université ou juste après leurs études, ont eu l’initiative de créer quelque chose de nouveau », a-t-il souligné, ajoutant que même dans les grandes entreprises dirigées par des personnes plus âgées, « c’est la jeunesse qui innove, repense les stratégies et apporte de nouveaux concepts ».
Le directeur général de Burkina Mine affirme croire profondément en la capacité des jeunes à impulser le changement. « Je suis de ceux qui croient qu’un jeune peut innover et tirer le pays vers l’avant », a-t-il déclaré, citant en exemple le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, qui selon lui, dirige le pays sans avoir eu d’expérience administrative préalable.
Évoquant son propre parcours, Rayangniwendé Abdoul Rasaky Kaboré a témoigné du chemin parcouru par Burkina Mine pour s’imposer. « En moins de trois ans, nous avons dû forcer pour bâtir une société dans un secteur dominé par des géants installés depuis longtemps. Ce n’était pas évident », a-t-il confié. Pour lui, cet effort illustre la détermination dont doit faire preuve la jeunesse africaine dans tous les domaines. Il a aussi cité des initiatives portées par des jeunes, comme Wave, Djamo ou encore Faso Mêebo, pour démontrer que la jeunesse peut-être « moteur de changement et de croissance ».

Abdoul Rasaky Kaboré a ensuite partagé sa vision d’un avenir où l’État ferait davantage confiance aux jeunes. « Mon rêve, c’est qu’un jour, des jeunes de moins de 30 ans soient nommés directeurs généraux dans l’administration », a-t-il affirmé. Il a encouragé les pouvoirs publics à accompagner les jeunes porteurs d’initiatives, même sans expérience, à condition qu’ils fassent preuve de compétence, d’audace, de courage et de résilience. « Il ne suffit pas d’avoir des idées. Les idées doivent être accompagnées de compétence », a-t-il insisté.
Au fil de son intervention, le directeur de Burkina Mine a également invité les jeunes Africains à changer de regard sur leur continent. « Après avoir visité plusieurs pays, je me suis rendu compte que ceux que nous considérons comme des géants ne sont même pas classés à l’échelle mondiale », a-t-il expliqué, appelant la jeunesse à prendre conscience de son potentiel réel et à se départir des activités nuisibles à la vision d’une Afrique en développement.

Pour lui, le développement du continent passe par une jeunesse responsable, audacieuse et engagée. « Il faut que la jeunesse d’aujourd’hui soit une jeunesse qui prend des initiatives, qui ose et qui en synergie d’action va bâtir l’Afrique de demain. Et pour bâtir l’Afrique de demain, c’est aujourd’hui qu’on commence, et non demain », a-t-il exhorté.
Concluant son propos, Abdoul Rasaky Kaboré a invité la jeunesse africaine à l’action. « Nous devons innover et entreprendre pour bâtir l’Afrique de demain », a-t-il martelé, rappelant que la souveraineté économique du continent ne pourra se concrétiser qu’à travers l’engagement collectif et la créativité de ses jeunes.
Par Bernadette W.Gansonré



