La situation des infrastructures dans l’espace UEMOA demeure un défi majeur pour le développement économique et social de ses huit États membres. Bien que des progrès aient été réalisés ces dernières années, les besoins restent considérables dans plusieurs secteurs clés, notamment les transports, l’énergie, les télécommunications, le numérique, ainsi que l’eau et l’assainissement. Ce défi s’explique par un déficit de financement estimé à plusieurs milliards de dollars par an, dans un contexte de budgets publics limités et de financements extérieurs — qu’ils proviennent des bailleurs de fonds ou du secteur privé — encore en deçà des besoins.
Face à cette réalité, Africa50, acteur panafricain de référence dans l’investissement et la gestion d’actifs liés aux infrastructures, et la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) s’associent pour mobiliser l’épargne locale via les marchés de capitaux. Un partenariat qui ouvre une nouvelle piste prometteuse pour combler ce déficit. La signature du protocole d’accord a eu lieu ce mardi 13 mai 2025 à Abidjan, siège du marché boursier commun aux huit pays de l’Union.
L’objectif de ce partenariat est de mettre en place des obligations de projet dédiées aux infrastructures, ainsi que d’autres instruments financiers innovants, afin de canaliser des financements à long terme à travers la BRVM. Cette initiative stratégique devrait permettre de mieux impliquer les investisseurs institutionnels locaux et régionaux — notamment les fonds de pension et les investisseurs privés — dans le développement des infrastructures. Elle offrira également de nouvelles opportunités de financement aux porteurs de projets, tout en favorisant la structuration d’initiatives bancables à fort impact.
Selon le directeur général d’Africa50, Alain Ebobissé, les besoins en infrastructures de l’Afrique ne peuvent pas être comblés par les seuls capitaux. « Ils nécessitent de l’innovation, des institutions de confiance et une exécution dirigée par les Africains », a-t-il précisé. Pour lui, ce partenariat avec la BRVM s’inscrit dans une dynamique de transformation durable, traduisant un engagement commun à mobiliser les capitaux nationaux, bâtir des partenariats solides et développer des solutions fondées sur le marché, alliant impact et rendement durable.
De son côté, le directeur général de la BRVM, Dr. Edoh Kossi Amenounvé, a insisté sur le rôle central que les marchés de capitaux doivent désormais jouer dans le financement de la transformation des infrastructures en Afrique. À ses yeux, la collaboration avec Africa50 positionne la BRVM comme une plateforme stratégique pour mobiliser l’épargne nationale et régionale. L’introduction d’obligations de projet et d’instruments similaires représente, selon lui, une voie prometteuse pour réduire le déficit d’infrastructures, tout en créant de la valeur pour les investisseurs. Ce partenariat incarne ainsi une volonté partagée d’accélérer la transformation des infrastructures en Afrique de l’Ouest, en combinant innovation financière, ancrage local et ambition panafricaine.
Par Léon Yougbaré



