L’Afrique du Sud entend jouer un rôle moteur dans la concrétisation des ambitions économiques de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). À l’occasion du lancement officiel de la tournée promotionnelle de la Foire commerciale intra-africaine (IATF2025), organisé dans la capitale économique sud-africaine ce 17 juin, les autorités, acteurs économiques et institutions panafricaines ont affiché leur volonté de faire de cet événement un levier stratégique d’industrialisation et d’intégration régionale.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le directeur régional pour l’Afrique australe à Afreximbank, Humphrey Nwugo, a souligné l’urgence de catalyser les efforts conjoints des secteurs public et privé afin de tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’IATF2025, prévue du 4 au 10 septembre prochain dans la capitale algérienne, Alger.
Avec 65,7 % de son PIB tiré du commerce extérieur, l’Afrique du Sud affiche une forte intégration dans les marchés mondiaux. En 2023, ses exportations se sont élevées à 110,5 milliards de dollars, contre 113,2 milliards en importations, selon le South African Revenue Service (SARS) et l’UN COMTRADE. Mais c’est surtout sur le plan intra-africain que Pretoria montre une orientation stratégique. D’après le rapport 2024 sur le commerce africain publié par Afreximbank, les exportations sud-africaines vers l’Afrique ont atteint 29,6 milliards de dollars US, soit 26,8 % de ses exportations totales, confirmant sa position de hub régional dans les filières à fort potentiel comme l’automobile, les services financiers et l’agro-industrie.
Placée sous le thème « Tirer parti des chaînes de valeur régionales et continentales : Accélérer l’industrialisation de l’Afrique et la compétitivité mondiale dans le cadre de la ZLECAf », l’IATF2025 s’annonce comme un carrefour économique d’envergure. Elle vise à générer plus de 25 000 milliards FCFA, équivalent de plus de 44 milliards de dollars, d’accords commerciaux et d’investissements, en réunissant 2 000 exposants et 35 000 visiteurs issus de plus de 140 pays. « C’est l’occasion pour l’Afrique du Sud de prendre les devants », a lancé le directeur de la facilitation des échanges et de la promotion des investissements à Afreximbank, Dr Gainmore Zanamwe.
En effet, l’IATF2025 s’annonce comme un événement commercial historique et une porte d’entrée vers des perspectives commerciales et d’investissement sans précédent à travers l’Afrique. Depuis 2018, les accords commerciaux conclus grâce à cet important rendez-vous dépassent les 57 000 milliards FCFA, soit l’équivalent de plus de 100 milliards de dollars. La foire a accueilli, depuis cette date, plus de 70 000 visiteurs et plus de 4 500 exposants, ce qui fait d’elle la plateforme commerciale et d’investissement la plus influente du continent.
L’édition 2025 prévoit un programme aussi riche que varié, comprenant une exposition professionnelle et un forum sur le commerce et l’investissement sur quatre jours. La vitrine Creative Africa Nexus (CANEX) dédiée à la mode, la musique, le cinéma, le sport, la gastronomie, les arts, l’artisanat et la littérature sera également au rendez-vous, sans oublier le Salon africain de l’automobile, les journées spéciales pays et la célébration de la Journée de l’Afrique globale. Il est également prévu des rencontres B2B et B2G, un programme Youth Start-Up, un pôle Afrique de la recherche et de l’innovation. Enfin, l’AfSNET, pour promouvoir le commerce infranational et les échanges culturels, ainsi que l’IATF virtuelle (IATF Virtual), sont aussi au programme de cette édition en terre algérienne, troisième économie du continent.
En rappel, Afreximbank a déployé une batterie d’outils adaptés à la réalité africaine dans l’optique de soutenir la dynamique du commerce intra-africain. Il s’agit notamment de l’Africa Trade Gateway et du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS). À cela s’ajoutent les instruments de financement, dont entre autres le Fonds de développement des exportations en Afrique (FEDA), l’initiative pour l’investissement direct en Afrique et le programme Export Agriculture for Food Security (ou Exportations agricoles pour la sécurité alimentaire), doté d’une enveloppe de 2 milliards de dollars. Ces instruments visent à lever les verrous historiques du commerce intra-africain afin de créer un environnement propice aux PME africaines et à l’innovation industrielle.
Par Léon Yougbaré



