Le Fonds de crédit du Fonds d’ajustement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a franchi une étape majeure avec la réalisation de son tout premier investissement, le lundi 7 juillet 2025. Un montant de 5,570 milliards de FCFA (10 millions de dollars) a été accordé à Telecel Global Services Ltd., marquant ainsi le démarrage effectif des opérations financières du Fonds, conçu pour accompagner la transformation économique du continent africain.
L’opération a été conclue sous la forme d’un prêt amortissable garanti de premier rang. Elle vise à soutenir l’expansion de Telecel au Ghana et au Libéria, tout en renforçant les infrastructures numériques de l’entreprise. Telecel Global Services, filiale du groupe Telecel basé à Maurice, fournit des services de communication vocale et SMS en gros, ainsi que des solutions de connectivité d’entreprise à plus de 250 opérateurs à travers l’Afrique et le monde.
Selon Jean-Louis Ekra, président du Conseil d’administration du Fonds d’ajustement de la ZLECAf : « Cet investissement démontre comment des capitaux ciblés peuvent générer un impact significatif, en accélérant la connectivité numérique, en facilitant le commerce intra-africain et en soutenant le développement du secteur privé dans des domaines prioritaires. »
Au-delà de l’appui à une entreprise technologique, cet investissement répond à des enjeux structurants pour le continent, notamment la réduction de la fracture numérique, la stimulation du commerce intra-africain et le renforcement de l’inclusion numérique. Il s’inscrit pleinement dans les objectifs de la ZLECAf, qui vise à bâtir un marché intégré et dynamique au service de la croissance.
Le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a salué cette avancée : « Cette transaction montre que le Fonds d’ajustement commence à atteindre son objectif principal : accompagner les États membres et le secteur privé dans la mise en œuvre concrète de la ZLECAf. » En investissant dans les infrastructures numériques, « nous agissons sur des leviers essentiels à la facilitation des échanges, à l’industrialisation et au développement des chaînes de valeur régionales », a-t-il expliqué.
À travers ce premier financement, le Fonds de crédit réaffirme son intention de soutenir des projets commercialement viables, porteurs de diversification économique, de croissance inclusive et de résilience régionale. Il s’agit également de consolider l’économie numérique africaine, considérée comme un levier clé de transformation.
Créé dans le cadre de l’accord de la ZLECAf, le Fonds d’ajustement se décline en trois composantes, à savoir : le Fonds de base destiné à compenser les pertes de recettes douanières liées à la libéralisation commerciale ; le Fonds général, qui finance des infrastructures essentielles à la facilitation des échanges ; et le Fonds de crédit, conçu pour mobiliser des financements commerciaux en faveur des États et entreprises africains confrontés aux défis de l’adaptation et du repositionnement stratégique.
Par Bernadette W. Gansonré



