mercredi 18 février 2026

Forum de la conformité : Afreximbank veut changer la perception du risque africain

À l’occasion de l’investiture du nouveau président de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), le Dr George Elombi, plusieurs activités parallèles sont organisées pour mieux faire connaître les initiatives de l’institution. Parmi elles, une conversation entre Idrissa Diop, Directeur de la conformité d’Afreximbank, et des journalistes venus de divers pays africains. L’échange a porté sur le Forum de la conformité d’Afreximbank, qui se tiendra du 12 au 14 novembre à Kigali, en partenariat avec la Banque nationale du Rwanda et l’ ESAAMLG, le Groupe anti-blanchiment d’Afrique de l’Est et australe.

Pour Idrissa Diop, la conformité est bien plus qu’une obligation administrative : c’est « la porte d’entrée et la porte de sortie d’une organisation ». Elle encadre l’ensemble des activités d’une banque, surtout lorsqu’elle opère dans 54 pays et interagit avec le reste du monde. « Chaque opération doit être conforme aux exigences des régulateurs, des banques centrales et des normes internationales », a-t-il expliqué, soulignant que la conformité constitue la clé de la sécurité financière.

Selon lui, le commerce ne peut être dissocié de la sécurité. Il s’agit de s’assurer que chaque transaction est traçable qu’un transfert venant de Chine, par exemple, provient d’un compte bien identifié et qu’il est destiné à un client clairement connu. La même rigueur doit s’appliquer aux marchandises. C’est dans cet esprit qu’Afreximbank a investi plus de 2 millions de dollars (environ 1,2 milliard FCFA) pour moderniser sa plateforme de surveillance de la conformité.

Face au phénomène du de-risking , la tendance des grandes banques internationales à se retirer du continent jugé trop risqué ou peu rentable , Afreximbank se positionne comme un acteur de confiance. « Nous voulons démontrer qu’il n’est pas risqué de faire des affaires en Afrique, à condition de bien comprendre les réglementations africaines », a indiqué M. Diop. L’institution suit ainsi des milliers de textes réglementaires à travers le continent afin de garantir que ses financements ne déséquilibrent pas les banques partenaires et ne favorisent pas le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme.

Le Forum de la conformité d’Afreximbank, dont l’édition 2025 marquera la 10ᵉ année, s’inscrit dans cette dynamique. Après Dakar et Johannesburg, le choix de Kigali symbolise la volonté d’élargir le dialogue sur la sécurité financière à l’ensemble du continent. L’édition précédente avait mis l’accent sur la notion de propriétaire effectif (UBO), afin d’identifier les véritables détenteurs des entreprises financées, un enjeu crucial depuis les révélations des Panama Papers.

Cette année, les discussions porteront sur l’intelligence artificielle appliquée à la surveillance des transactions, les sanctions internationales, la réglementation, la transparence des propriétaires effectifs et la lutte contre les flux financiers illicites. Le Forum rassemblera des représentants de banques centrales, de cellules de renseignement financier, de banques commerciales et d’acteurs économiques afin de renforcer la compréhension mutuelle et la coopération régionale.

En travaillant avec des institutions telles que l’ESAMLAG pour l’Afrique de l’Est et le GIABA pour l’Afrique de l’Ouest, Afreximbank veut aider les pays africains à sortir des listes grises du GAFI et à bâtir un environnement financier plus sûr. Car, comme le rappelle Idrissa Diop, « promouvoir le commerce intra-africain, c’est aussi garantir qu’il est conforme et sécurisé ».

À travers cette initiative, la banque entend affirmer son rôle d’acteur clé de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et son engagement à relier les économies africaines au système financier mondial.

Par Drissa Ouattara, Le Caire (Egypte)

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