Cheffe d’entreprise à la tête de Rosy Group International, une société spécialisée dans la transformation des produits du terroir, Roseline Ouédraogo a partagé avec notre rédaction sa vision du développement agroalimentaire au Burkina Faso. La rencontre a eu lieu lors de la première édition du Forum Investir au Burkina Faso, tenue du 09 au 10 octobre 2025 à Ouagadougou.
Pouvez-vous nous présenter Rosy Group International ?
Basée à Tanghin, à Ouagadougou, Rosy Group International est spécialisé dans la transformation des produits locaux. Nous formulons des assaisonnements à base d’épices, des conserves de légumes (purée de tomates, de courgettes, d’aubergines), des conserves de feuilles (oseille, balanite, boulevanca), ainsi que des farines pour bouillies, des confitures et même des repas prêts à la consommation, comme les soupes de viande ou les pois de terre.
Le marché burkinabè arrive-t-il à absorber vos produits ?
Oui, nos produits sont adoptés depuis trois à quatre ans. Nous n’avons pas de problème de débouchés, mais plutôt de capacité de production. Par exemple, pour nos conserves de purée de kapok et de baobab, nous produisons entre 9 000 et 10 000 bouteilles par produit. Actuellement, ce n’est plus la période du kapok donc nous n’avons plus 1 000 bouteilles en stock. Nos produits étant saisonniers, nous essayons de les rendre disponibles toute l’année grâce à la conservation en bouteille, prête à l’utilisation.
Vos produits sont-ils également distribués à l’extérieur ?
Oui, nous avons des représentations à l’international : au Québec, à New Jersey et à Dakar. Nous travaillons aussi avec des entreprises régionales, notamment au Togo et au Mali. Cela montre que nos produits du terroir trouvent leur place au-delà des frontières.
Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?
Elles sont multiples. D’abord, on a un manque de moyens financiers pour accroître la production, mais aussi des défis liés au transport et à l’exportation. Ces obstacles ralentissent notre expansion, même si nous parvenons progressivement à les surmonter.
Que souhaiteriez-vous voir changer ?
Je souhaite un accompagnement pour renforcer notre capacité de production. Nous travaillons actuellement sur la certification de nos produits. Des tests de conformité et de valeur nutritive sont déjà en train d’être effectués. Ce que nous espérons, c’est une ouverture accrue à l’exportation et davantage d’opportunités de participer à des marchés internationaux afin de mieux valoriser les produits du terroir.
Qu’attendez-vous du Forum Investir au Burkina Faso ?
Ce forum est pour nous une belle occasion de rencontrer des investisseurs. Nous sommes dans une phase de restructuration de l’entreprise, et nous souhaitons ouvrir notre capital à des partenaires. Nous savons que nous ne pouvons pas évoluer seuls. Nous avons besoin d’appuis pour mieux produire et mieux satisfaire notre clientèle.
Avez-vous été approchés au cours de ce forum pour des partenariats ?
Oui, nous avons été approchés par des structures financières, des banques, mais aussi par des investisseurs de la diaspora qui connaissaient déjà nos produits. Des discussions sont en cours pour voir comment concrétiser ces partenariats dans le temps.
Quel message souhaitez-vous adresser en conclusion ?
Je salue cette belle initiative qui a réuni plus de 1 200 investisseurs nationaux et étrangers. C’est une première réussie. Je félicite également M. Roland Sow, l’un des initiateurs du forum, pour sa vision. J’espère qu’à la deuxième édition, nous verrons des résultats concrets et que cela encouragera encore davantage d’investisseurs à venir. Et surtout, vive la paix au Faso, car sans paix, aucun développement n’est possible.
Par Leila Toé



