mardi 10 février 2026

Forum investir au Burkina : une conférence inaugurale sur les investissements structurants pour un Burkina souverain

Du 9 au 11 octobre, Ouagadougou accueille des investisseurs venus de 48 pays du monde entier dans le cadre de la 1ʳᵉ édition du Forum international investir au Burkina Faso. À cette occasion, la conférence inaugurale a réuni les experts et les autorités autour d’une question cruciale : « Investissements structurants pour un Burkina Faso souverain ». Le Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Poda, accompagné de ses homologues du Niger et du Ghana ont assisté à la conférence. En introduction, il a indiqué que le Burkina est certes en révolution, mais cette situation n’est pas contre le secteur privé. « La révolution n’est pas contre l’investissement privé. Elle n’est pas fermée » a-t-il précisé.

Le communicateur, Dr Lardia Marcel Thiombiano, a d’abord souligné que « le Burkina Faso n’est pas qu’une destination sur la carte, c’est un carrefour stratégique, un creuset de talent, une terre de défis relevés ». Avec plus de 23 millions d’habitants dont plus de 60% ont moins de 25 ans, Dr Thiombiano estime qu’il est inadmissible de se contenter de regarder le futur, il faut le bâtir. « Avec nos ressources naturelles immenses, notre pays possède tous les atouts pour devenir un pôle de croissance et d’innovation. Malgré le contexte difficile, le Burkina Faso a conservé une forte dynamique de croissance, portée principalement par le secteur tertiaire et secondairement par le secteur des industries » a ajouté M. Thiombiano.

L’enjeu des investissements structurants, selon le communicateur, reste la souveraineté. « Nous voulons maîtriser nos ressources naturelles, ne plus être simplement un exportateur de matières premières, mais un transformateur, un créateur de valeurs » dit-il, ajoutant que cela suppose une transformation de l’économie afin de créer des emplois décents et qualifiés. Ainsi, a-t-il poursuivi, il existe des secteurs clés, dit essentiels, et ceux dits de croissance, capables d’accompagner cette vision. Pour la première catégorie, il comprend la sécurité, la santé et l’éducation. Quant à la seconde, elle concerne l’agriculture, l’industrie, les mines, l’énergie, ainsi que des leviers complémentaires tels que l’immobilier, les infrastructures et le BTP.

Parlant du cas spécifique de l’agriculture, secteur occupant plus de 80% de la population, le conférencier a rappelé que le Burkina possède près de 9 millions d’hectares de terres cultivables dont 6 millions non encore exploités. Et ce n’est pas tout : le pays dispose de plus de 230 000 hectares de terres potentiellement irrigables, des ressources en eau abondante dont plus de 10 milliards de mètres cubes en surface et plus de 113 milliards de mètres cubes souterrains. « L’opportunité est évidente : passer d’une agriculture de subsistance à une agro-industrie exportatrice » a-t-il soutenu.

Un autre secteur qui offre des opportunités de rentabilité élevée, c’est celui de l’énergie. À en croire Dr Thiombiano, avec un taux de couverture énergétique à peine au-dessus de 50%, il y a encore de la place pour des investissements. « Pourtant, nous avons un gros atout, le soleil. Plus de 5,5 kWh par mètre carré chaque jour d’énergie produit et un ensoleillement de plus de 3000 heures par an. On peut dire sans abuser que le soleil est notre avenir » a-t-il précisé.

Selon les critères d’impact et de rentabilité, Dr Thiombiano a présenté un top 5 des opportunités concrètes d’investissement. En premier, il a noté les centrales solaires, un secteur à fort impact élevé en termes d’impact social, d’effets structurants et de rentabilité. En seconde position figure la transformation minière, qui offre à la fois des impacts sociaux importants et une rentabilité élevée. Les trois autres opportunités, et pas des moindres, sont notamment les zones économiques spéciales, les unités d’équipement militaires ainsi que l’agriculture.

Concernant le financement, le modèle privilégié pour des investissements d’envergure est le modèle Partenariat public-privé (PPP). Ce mode de financement offre d’énormes avantages, en ce qu’il permet un partage de risques et de responsabilités entre l’État et le secteur privé intéressé. Et pour encourager des investissements d’envergure, le Burkina s’est doté d’un cadre juridique et institutionnel. Ce cadre, aux dires du communicateur, est l’un des plus attractifs de la sous-région en offrant des avantages exceptionnels depuis la phase d’investissement à celle d’exploitation.

Côté institutionnel, des structures comme le Bureau national des grands projets du Burkina (BNGP), l’Agence burkinabè des investissements (ABI), la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina (CCI-BF), la Caisse des dépôts et d’investissement (CDI-BF) ainsi que les ministères sectoriels sont créés spécialement pour être au côté des investisseurs.

Par Léon Yougbaré

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