Le président sortant d’Afreximbank, le professeur Benedict Oramah, a lancé un vibrant appel à l’unité économique et culturelle de l’Afrique et de sa diaspora, lors du Future Africa Forum 2025, organisé au Africa Center à New York. Sous le thème « De l’héritage à la prospérité : tirer parti des racines culturelles pour promouvoir l’Afrique mondiale », il a exhorté les Africains du continent et de la diaspora à transformer leur patrimoine commun en levier de puissance collective.
L’événement a rassemblé des personnalités influentes, parmi lesquelles le président congolais Denis Sassou Nguesso et Mme Jendayi Frazer, présidente du conseil d’administration du Africa Center, ainsi que des responsables publics, des investisseurs et des entrepreneurs. Devant ce parterre de décideurs, le professeur Oramah a rappelé que l’Afrique est bien plus qu’un continent : une civilisation mondiale forte de près de deux milliards de personnes d’ascendance africaine. Selon lui, l’avenir du continent repose désormais sur la reconnexion des peuples par le commerce, l’investissement et les échanges culturels.
Le président d’Afreximbank a insisté sur le potentiel économique considérable de la diaspora, dont les transferts annuels dépassent 100 milliards de dollars, soit plus de 60 000 milliards de FCFA. Mais au-delà des chiffres, c’est le capital humain, les réseaux et les compétences de cette diaspora qu’il juge essentiels à la transformation de l’Afrique. « La diaspora n’est pas un parent éloigné, c’est l’Afrique amplifiée », a-t-il déclaré.
Depuis 2018, Afreximbank a intégré cette vision à sa stratégie dite de « l’Afrique mondiale », élargissant la notion de commerce intra-africain à l’ensemble des personnes d’origine africaine dans le monde. Cette approche se traduit par des initiatives concrètes, telles que la mobilisation d’investissements garantis par les envois de fonds, la valorisation des industries culturelles et le transfert de compétences à travers les continents.
Parmi les projets phares cités par Oramah figure le Global Africa Gateway, inauguré à New York en septembre 2024, conçu comme un pont symbolique et économique entre le continent et sa diaspora. Ce programme a déjà permis à de jeunes Afro-Américains d’intégrer de grandes multinationales africaines, renforçant ainsi les échanges économiques et culturels. Autre initiative emblématique : le Forum africain sur le commerce et l’investissement (ACTIF), lancé en 2022, qui a attiré en 2025 plus de 2 100 délégués de 80 pays et généré plus de 180 milliards de FCFA d’accords commerciaux et d’investissement.
Le professeur Oramah a également salué la solidité des liens entre Afreximbank et les Caraïbes. Treize États de la CARICOM sont désormais membres de la Banque, et onze ont ratifié l’accord de partenariat. La Banque y a ouvert un bureau régional à la Barbade, où un centre de commerce africain d’un montant de 108 milliards de FCFA est en construction. Afreximbank y a déjà engagé plus de 1 800 milliards de FCFA pour des projets liés au climat, au tourisme, au sport, à l’énergie, aux PME et aux infrastructures. Elle travaille aussi avec la CARICOM à la création d’une banque caribéenne dédiée à l’industrialisation et à l’innovation, ainsi qu’à un fonds de 150 milliards de FCFA pour la résilience climatique.
Regardant vers l’avenir, le président Oramah a plaidé pour la création d’une Commission mondiale pour l’Afrique, regroupant l’Union africaine, la CARICOM, l’Amérique latine et la diaspora. Cette structure, selon lui, aurait pour mission d’harmoniser les politiques commerciales, culturelles et d’investissement, tout en renforçant l’influence de l’Afrique sur la scène mondiale.
Dans ce qui pourrait être son dernier discours au Future Africa Forum en tant que président d’Afreximbank, le professeur Oramah a livré un message d’unité et d’espérance :
« Si je laisse un héritage, que ce soit celui-ci : l’Afrique et sa diaspora sont indivisibles, unies par l’héritage, renforcées par le commerce et l’investissement, et destinées à la grandeur. »
Sous sa présidence, Afreximbank aura ainsi donné corps à l’idée d’une Afrique sans frontières, où les liens culturels deviennent des routes de prospérité partagée.
Par Drissa Ouattara



