mardi 10 février 2026

GCR abaisse la note de Baobab Sénégal, mais maintient une perspective stable

L’agence de notation Global Credit Ratings (GCR) a annoncé, le 27 août, l’abaissement de la note d’émetteur de long terme de Baobab Sénégal SA, passée de BBB+ (WU) à BBB- (WU) sur son échelle régionale. Dans le même temps, la note de court terme a été dégradée de A2 (WU) à A3 (WU). Cette décision concerne également les deux emprunts obligataires en cours, notés désormais BBB- (WU). Il s’agit de l’emprunt obligataire Baobab SN 7,5 % (2019 – 2026), émis pour 10 milliards FCFA, et de l’emprunt obligataire Baobab SN 6,8 % (2024 – 2029), lancé pour 20 milliards FCFA. La perspective pour ces deux emprunts demeure toutefois jugée stable.

Selon GCR, cette révision reflète une combinaison de facteurs, à savoir un environnement opérationnel fragilisé par le surendettement public et les pressions macroéconomiques au Sénégal, ainsi qu’une capitalisation jugée perfectible, avec un ratio en baisse à 12,3 % en 2024, contre 13,4 % en 2023. De plus, l’agence relève des défis persistants dans la gestion des actifs, en raison d’une forte concentration du portefeuille de prêts, dont 74 % exposés au secteur du commerce.

En dépit de ces vulnérabilités, l’agence souligne les points de résilience de l’institution, notamment sa position concurrentielle solide sur le marché de la microfinance, le soutien stratégique et opérationnel du groupe Baobab, le niveau robuste de sa rentabilité, avec un rendement des capitaux propres de 25,6 % en 2024. L’institution dispose également d’une liquidité jugée adéquate, grâce à une progression de 52 % des actifs liquides. De même, le secteur de la microfinance sénégalais est jugé sous tension, mais avec une croissance soutenue.

Baobab Sénégal continue d’afficher une croissance rapide de son portefeuille de prêts : 18,4 % en 2024 après 25,5 % en 2023. Cette dynamique soutient la génération de revenus, mais exerce une pression sur ses fonds propres.

Pour y répondre, le régulateur a autorisé en juillet 2025 l’intégration d’une dette subordonnée de 3 milliards FCFA dans les fonds propres réglementaires. Toutefois, GCR ne l’inclut pas dans son calcul du GCR Total Capital, estimant que l’institution devra encore renforcer durablement sa capitalisation pour accompagner sa croissance.

Malgré la dégradation, la perspective reste stable. GCR estime que Baobab Sénégal conservera son positionnement compétitif et sa rentabilité au cours des 12 à 18 prochains mois. L’amélioration progressive de la gestion du risque de crédit, avec un taux de sinistralité maîtrisé à 2,2 % en 2024, pourrait constituer un levier favorable.

Un relèvement futur de la note, selon GCR, dépendra de l’amélioration durable de la qualité du portefeuille, du renforcement de la collecte d’épargne domestique et de l’accroissement significatif des fonds propres.

À l’inverse, un nouvel abaissement pourrait survenir en cas de dégradation de la liquidité, de surendettement excessif, de hausse du portefeuille à risque ou de perte du soutien du groupe Baobab.

En résumé, la décision de GCR envoie un signal clair aux investisseurs : Baobab Sénégal reste un acteur de référence de la microfinance, mais doit impérativement consolider sa base de capital pour soutenir son expansion dans un contexte économique sénégalais sous tension.

Par Léon Yougbaré

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